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Vers une meilleure connaissance sociologique des communautés hassidiques de Montréal

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Pierre Anctil : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Il existe présentement peu de données sociologiques crédibles pour comprendre l’évolution des communautés hassidiques de Montréal au cours des vingt-cinq dernières années. Il en va de même au sujet des paramètres géographiques qui décrivent le niveau de concentration spatiale et la localisation des fonctions institutionnelles de ces groupes. L’obstacle principal sous ce rapport provient de la difficulté qu’il y a à isoler les populations ultra-orthodoxes dans le recensement fédéral à partir de paramètres crédibles d’une part, et de l’autre du désintérêt ou de l’hostilité latente des pouvoirs publics pour cette tranche de la société. Une telle lacune empêche la formulation d’hypothèses intéressantes sur la participation des Hassidim au grand ensemble socio-économique montréalais et finit par alimenter les préjugés les plus farfelus envers ces populations. Faute de statistiques et de données scientifiques concernant ces communautés, les intervenants sociaux, les planificateurs urbains et les décideurs politiques peinent aussi le plus souvent à comprendre leurs besoins particuliers et à saisir leurs sensibilités culturelles. Tout de même, il existe un certain nombre d’hypothèses et de séries statistiques qui, même formulées sommairement, éclairent la situation des populations ultra-orthodoxes des arrondissements d’Outremont, du Plateau Mont-Royal et de Côte-des-neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Dans cette communication, je tenterai de faire un tour d’horizon des principales données disponibles et de ce qu’elles nous apprennent au sujet du mouvement général du hassidisme à Montréal. Je conclurai en suggérant un certain nombre d’axes de recherche autour desquels une cueillette et un traitement plus systématique des données pourrait être effectué.

Résumé du colloque

Les communautés hassidiques forment à Montréal une population de près de 10 000 personnes. Alors que l’histoire et la sociologie des Juifs montréalais sont en général bien connues, on sait assez peu de choses des communautés ultraorthodoxes de tradition hassidique qui se sont installées depuis près d’un demi-siècle dans l’axe de l’avenue du Parc. Cela tient en grande partie à ce que ces populations sont restées relativement à l’écart de leurs coreligionnaires et qu’elles ne cherchent pas non plus à entrer en contact avec les autres résidents des quartiers où elles sont implantées. Or, il appert que les Juifs hassidiques représentent une nouvelle forme d’intégration à la société montréalaise-québécoise qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des deux dernières décennies et qui est basée sur une pratique religieuse non chrétienne fondamentaliste. Les Juifs hassidiques adoptent en général les pratiques économiques, politiques et sociales de leur société d’appartenance, mais refusent de s’acclimater à la culture ambiante ou aux comportements culturels dominants chez leurs voisins. Ces choix tendent à définir d’une manière assez différente la frontière entre le groupe hassidique lui-même et l’ensemble de la société montréalaise. Les organisateurs de ce colloque sont particulièrement intéressés à étudier la question des écoles primaires et secondaires qui sont administrées par ces communautés et qui constituent un enjeu pédagogique très discuté présentement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Pierre Anctil
section icon Date : 8 mai 2017

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