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Stéphanie Bianco : Université de Sherbrooke
Après le pic de LH, le follicule ovarien pré-ovulatoire entre dans un programme intensif de différenciation cellulaire, orchestré par des changements majeurs dans le profil transcriptionnel des cellules de la granulosa, déclenchant au final l'ovulation et la lutéinisation, processus essentiels pour la fécondité. En utilisant un protocole standard d’induction d’ovulation chez la souris, les éléments de régulation des gènes ont été isolés et identifiés dans les cellules de la granulosa avant et après le signal ovulatoire, en utilisant la méthode de FAIRE-seq. Les résultats obtenus démontrent que les cellules de la granulosa subissent une reprogrammation majeure des éléments régulateurs distaux et que ceci corrèle avec la présence du récepteur nucléaire LRH-1 (ou Nr5a2), confirmée par ChIP-seq dans les cellules ovariennes. De manière intéressante, plusieurs processus essentiels à l'ovulation sont perturbés en absence de LRH-1 dans les souris KO spécifique dans les cellules de la granulosa, même si les ovocytes restent fertilisables. L’ensemble de ces données combinées aux analyses de transcriptome par RNA-seq dans les souris LRH-1 KO par rapport à celles de type sauvage révèlent un rôle essentiel de LRH-1 dans les processus de stéroïdogenèse, d'angiogenèse, d’organisation du cytosquelette et de migration cellulaire, résultat compatible avec l'échec de l'ovulation et de la lutéinisation.
Les récepteurs nucléaires, qui agissent comme facteurs de transcription activés par des hormones, vitamines ou autres petites molécules signalisatrices, jouent des rôles clés dans le développement, la physiologie et la pathologie d’organismes complexes. Au nombre de 48 chez l’homme, ils représentent des cibles importantes pour le développement de médicaments. L’élucidation de leurs mécanismes d’action a été grandement accélérée par l’utilisation de techniques permettant la caractérisation de leurs effets à l’échelle du génome, mais aussi du protéome et du métabolome. De plus, le développement récent d’approches de criblage par shRNA ou CRISPR-Cas9 et d’analyses bio-informatiques de polymorphismes et mutations présents dans la population a permis de faire la lumière sur les réseaux de régulation auxquels ces récepteurs appartiennent. Finalement, il est nécessaire, pour l’identification de nouveaux ligands inhibiteurs ou activateurs de ces récepteurs, de faire appel à des techniques permettant d’interroger de manière quantitative la formation de complexes protéiques les incluant. Le colloque portera sur les progrès technologiques récents qui contribuent à l’avancement de nos connaissances sur les mécanismes d’action des récepteurs nucléaires ainsi que sur les approches permettant l’application de ces connaissances au traitement de pathologies découlant de la dérégulation de ces récepteurs.
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