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Marie Thériault : Université de Montréal
Cette conférence traite du lien entre l’ethnologie et le modèle andragogique autochtone et aborde la question identitaire et les enjeux de la décolonisation. Seront exposés différents modèles d’éthique en recherche issus de la notion de coconstruction d’un savoir savant s’appuyant sur des thématiques identifiées par les Premières Nations elles-mêmes. Les enjeux relatifs à l’éducation des adultes qui en découlent sont soulevés. Le rôle de la recherche en éducation quant à la question prioritaire de la sécurisation des femmes autochtones est exposé et mis en contexte avec celui, politique, des commissions nationale et internationale d’enquête touchant les femmes et les personnes autochtones. L’on entend faire état de la contribution historique des Peuples autochtones à l’édification de l’ethnologie au travers de leur résilience quant à la question identitaire. L’on entend également montrer comment l’andragogie, par les valeurs d’ouverture qu’elle véhicule et de par le fait qu’elle est aussi le modèle du mode de transmission des savoirs chez les Premiers Peuples, est essentielle épistémologiquement à la coconstruction des savoirs savants. La recherche autochtone reconnaît ontologiquement l’apport des aînées et aînés et s’appuie sur les principes universaux d’ouverture qu’ont définis les Premières Nations. Ces principes orientent l’éthique scientifique dans plusieurs États et lient la communauté scientifique aux communautés autochtones et à leurs besoins exprimés.
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été signée en 2007 par 143 pays. Depuis son entrée en vigueur, les pratiques de la recherche relative aux peuples autochtones se sont beaucoup transformées à travers le monde, à l’instar de ses principes éthiques, théoriques et méthodologiques. Dans le présent colloque, nous souhaitons nous instruire de ces transformations et ainsi examiner ensemble quelques-unes des retombées québécoises, canadiennes et internationales de l’existence et de la mise en œuvre de cette déclaration et de ses 46 articles constitutifs. Des thématiques comme l’éducation, la protection des savoirs autochtones, le respect des traités, la gouvernance, la santé et la condition des femmes seront notamment abordées pendant le colloque. Sous un angle temporel, nous nous intéresserons également aux liens qui existent entre la Commission royale sur les peuples autochtones (1996), la Déclaration (2007) et la Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015).
En abordant ces questions sous différents angles disciplinaires, en créant des conditions propices à un dialogue fécond entre acteurs de la recherche, en mettant au jour de nouveaux résultats issus de pratiques de recherche partenariale et de la coproduction des connaissances, notre colloque permettra de faire des pas vers une meilleure compréhension des enjeux et réalités actuels de l’Autochtonie. À l’heure de la réconciliation avec les peuples autochtones, il est primordial d’inscrire les débats, les réflexions et les analyses dans un cadre plus vaste qui prend en compte l’histoire récente des relations entre les Autochtones et l’État, d’une part, mais aussi entre les sociétés autochtones et les sociétés québécoise et canadienne, d’autre part. Notre colloque propose ainsi de tracer des ponts entre le local et le global en mettant l’accent sur des travaux et des questionnements qui s’inscrivent directement dans l’esprit et les dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
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