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Khadija Darid : Espace Femmes arabes
1- Les enfants comme les adultes vivent des changements, des pertes et des gains lors du processus d'immigration. L’expérience sera vécu selon leur propre bagage d'expériences et d’émotions;
2- L'accueil au Québec vise surtout les adultes immigrants (insertion au travail, apprentissage du français, etc.). Pour les enfants, seule l’inscription à l’école compte. Or, les enfants peuvent, selon leur âge, leur capacité ou leur expérience, vivre très difficilement le processus migratoire.
Les pertes :
* La famille élargie, (grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines; voisins mais aussi amis d’enfance) qui faisait partie du quotidien;
* Gêne à l’école, isolement, voire rejet et exclusion;
* Perte de statut, déqualification à l’école, (le temps d’apprendre la langue) vécue comme une rétrogradation. Puis en classes régulières avec des plus jeunes, comme s'ils avaient redoublé.
Les ados :
* La séparation avec les amis est un drame;
* La socialisation dans le nouveau réseau peut être difficile;
* Honte de ne pas connaître la musique, les stars, les films populaires, honte de ne pouvoir s’habiller comme leurs pairs;
* Critiques face aux parents et à leur décision d'immigrer, remise en question de la légitimité de la démarche.
3- La communauté – musulmane et arabe – ostracisée, elle est présentée comme en opposition avec la majorité sociale.
Les jeunes de confession musulmane se retrouvent avec des systèmes de valeurs et modes de vie mêlant référents chrétiens, musulmans, canadiens, etc.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.