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Alia AL-SAJI : Université McGill
J'élabore une analyse phénoménologique des confrontations racialisées avec des oeuvres d'art, où le spectateur racisé se sent projeté comme passé, arrivant sans cesse “trop tard” pour intervenir sur la signification de sa propre représentation. Le passé stéréotypé donne le médium et les éléments qui construisent les images de nous-mêmes. Cette analyse évoque trois expositions dans lesquelles les musulmans et/ou les Arabes sont le thème principal et qui tentent de subvertir la racialisation tout en reproduisant ses tropes : Benjamin Constant (Musée des Beaux Arts de Montréal, 2015); Welten der Muslime(exposition permanente, Musée ethnologique de Berlin); et une installation sculpturale à la Galerie d'Art de Leeds (2010), répondant à General Gordon's Last Stand (1893) conservé dans ce musée. L’expérience de racialisation au travers des œuvres d'art ne confirme pas uniquement l'existence de stéréotypes raciaux, mais montre aussi l’amplification de leur vie affective et l’intensification de leurs effets corporels (cf. Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon). Saturant l’horizon temporel du Moi racisé, ils structurent le champ des possibles. Selon cette approche phénoménologique critique (féministe et critique de la race), je traite de la manière d'interrompre l’amplification des stéréotypes raciaux à travers le travail esthétique lui-même — une voie vers la critique sociale, mais aussi une reconfiguration des liens affectifs envers les images des groupes racialisés.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.