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Denis Jeffrey : Université Laval
Le programme Éthique et culture religieuse québécois subit les assauts de la critique depuis sa création en 2008. Certains spécialistes espèrent voir sa disparition au primaire du fait qu’il est devenu une charge insupportable pour les enseignants de ce niveau scolaire. De leur côté, les laïcistes québécois ont attaqué le programme sur plusieurs points. Ils ont notamment remis en question son enseignement parce que, défendent-ils, il ferait notamment la promotion du multiculturalisme et du relativisme. Ils écrivent aussi que les enseignants folklorisent les religions et amalgament des croyances pourtant incompatibles. Ils ont aussi relevé que la Cour suprême du Canada a permis à une école de confession catholique de faire valoir ses propres croyances à l’intérieur du programme. D’autres auteurs ont pour leur part souligné que l’enseignement de la culture religieuse serait incompatible avec l’enseignement de l’éthique. Enfin, certains ont émis l’idée que l’enseignement culturel de la religion devrait s’ancrer dans une culture scientifique. En somme, nous allons présenter ici un bilan des nombreuses critiques sur le programme ECR, avant de proposer des orientations épistémologiques, pédagogiques et éthiques pour assurer son avenir.
Le programme d’Éthique et culture religieuse (ECR) soulève nombre de débats depuis son implantation obligatoire dans toutes les écoles québécoises en 2008. Le programme a aussi été contesté devant les tribunaux. La Cour suprême du Canada a rendu un jugement en 2015 qui permet à une école secondaire privée d’adopter le programme ECR selon un point de vue catholique. Les défenseurs de ce programme regrettent ce jugement qui trahit son esprit non confessionnel, alors que ses opposants ont considéré qu’il confirmait l’idée que ce programme est un prolongement de l’enseignement religieux confessionnel d’autrefois. De plus, les signataires d’une pétition qui circule dans les médias sociaux en ce moment demandent que le programme ECR soit retiré du curriculum du primaire.
Depuis 2008, plusieurs études menées au Québec sur l’enseignement de l’ECR permettent de dresser un portrait des pratiques des enseignants et des défis qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Les chercheurs ont entre autres mis en évidence un certain nombre de faiblesses liées à ce cours : l’insuffisance de la formation des enseignants du primaire, le manque de connaissance sur la vie communautaire des minorités religieuses du Québec, la difficulté de traiter de thèmes sensibles, les carences dans plusieurs manuels scolaires, l’inconfort d’aborder un point de vue religieux sur des questions d’éthique, les règles déontologiques inscrites dans le programme, etc. Néanmoins, les chercheurs ont aussi montré que le programme ECR répond aux attentes d’une société qui se distingue par la reconnaissance de sa diversité.
Ce colloque se veut une occasion d’aborder, à partir d’études scientifiques et de réflexions critiques, les impasses et l’avenir du programme ECR.
Titre du colloque :