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Jérémy Ferreira Barbosa : Université de Montréal
L’habilité du VIH d’établir une infection systémique et persistante est liée en grande partie à sa capacité de coder pour des protéines « accessoires » dont le rôle est de cibler des facteurs de l’hôte pour échapper à ses réponses immunitaires. La protéine virale R (Vpr) est celle dont la fonction et les cibles cellulaires restent encore énigmatiques. Elle cause un arrêt du cycle cellulaire en G2/M dans les cellules en division et confère un avantage réplicatif au virus lors de l’infection des macrophages ; bien que distinctes, un lien génétique entre ces fonctions semble exister. Nous utilisons l’approche d’identification de partenaires par biotinylation (BioID) afin d’élucider l’intéractome de Vpr et ainsi comprendre son rôle dans les mécanismes de persistance du VIH. Cette approche, basée sur une fusion de Vpr avec une biotine ligase (BirA*), permet la biotinylation in cellulo des partenaires de Vpr, puis leur identification par spectrométrie de masse. Lors de l’analyse, nous retrouvons deux protéines essentielles à l’arrêt de cycle induit par Vpr, DDB1 et DCAF1, confirmant ainsi sa validité. Nous avons aussi identifié des complexes protéiques associés à la réparation des dommages à l’ADN et au cycle cellulaire. Une meilleure connaissance des cibles et partenaires cellulaires de Vpr permettra de mieux définir son rôle fonctionnel et sa contribution aux mécanismes de persistance du VIH tout en identifiant des éléments de sa biologie applicables à des fins thérapeutiques.
Le VIH/sida demeure l’un des fardeaux de santé publique les plus graves des dernières décennies. À l’échelle mondiale, 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH, y compris plus de 70 000 au Canada dont 19 000 au Québec. Malgré les thérapies antirétrovirales permettant de cesser la progression de la maladie chez les personnes vivant avec le virus, ce dernier persiste tout de même en quantités minimes dans l’organisme humain. Cela oblige l’individu à vivre chroniquement avec le virus et à rester dépendant à la prise continuelle de médicaments, une condition qui demeure liée à plusieurs comorbidités. En réponse à cette problématique, bon nombre de chercheurs francophones ont déployé des efforts soutenus et ont contribué de façon remarquable à la recherche en vue de guérir le VIH chez les populations concernées. Nous en avons réuni plusieurs dans le cadre de ce colloque qui leur est consacré.
Les thématiques de recherche sur la guérison du VIH abordées au colloque seront : la recherche fondamentale, pour mieux comprendre les liens entre la latence (ou dormance) virale, l’altération des fonctions immunitaires et le degré de pénétration des médicaments dans le corps humain; la recherche clinique, pour l’analyse de biopsies de tissus obtenus par l’entremise de cohortes de volontaires, en vue du développement de stratégies vaccinales et d’immunothérapies ciblant la persistance du VIH; et l’intervention et l’engagement communautaires, afin d’explorer les enjeux psychologiques, éthiques et socioculturels inhérents à la poursuite des études visant une rémission virale.
Ce colloque permettra de faire connaître davantage les priorités et pistes de recherche qui mèneront potentiellement à une guérison du VIH, tout en nourrissant un dialogue interdisciplinaire pour renforcer et mieux orienter les efforts collectifs face à l’épidémie. Des chefs de file provenant de la scène internationale participeront également, afin de présenter les approches de recherche vers une guérison qui sont en cours d’élaboration par leurs équipes scientifiques.
Titre du colloque :