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Emilie Raymond : Université Laval
L’inclusion dans l’espace public des aînés ayant des incapacités est un enjeu crucial puisqu’ils sont souvent à la marge des possibilités de participation sociale. Leur accès aux milieux participatifs est restreint pour des facteurs d’ordre environnemental, organisationnel et relationnel. Cette réalité fait écho aux discours valorisant un vieillissement actif et en « bonne santé », dans lesquels les aînés ayant des incapacités se sentent à l’étroit. Ils sont tenus pour responsables de leurs limitations et relégués à une rhétorique de vulnérabilité. Pourtant, plusieurs souhaitent maintenir des engagements significatifs moyennant des accommodements. Nous présenterons une recherche-action participative menée depuis 2014 dans un organisme de loisirs pour aînés dont l’objectif est d’accompagner l’implantation d’une politique d’inclusion des aînés ayant des incapacités. Les résultats sont issus d’entretiens individuels, de groupes de discussion et d’observations menés à différents moments de la recherche. L’analyse utilisera une approche interactionniste basée sur le concept de stigmate. Par là, nous chercherons à mieux comprendre les discours et les rapports de pouvoir entourant les processus de stigmatisation et de discrimination des personnes ayant des incapacités dans une organisation d’aînés. Nous esquisserons des pistes d’action pour déconstruire les dynamiques de mise à l’écart, un défi qui exige une intervention sur les causes profondes du stigmate.
Produits du regard posé sur soi, mais également des regards des autres posés sur soi, la vieillesse et le vieillissement sont des constructions sociales qui se situent à la croisée de l’expérience individuelle et sociale. Dans un mouvement de balancier, les individus non seulement intériorisent ces représentations sociales, mais participent également à leur reproduction.
Les deux axes qui seront explorés dans ce colloque correspondent aux deux oscillations du balancier. Le premier concerne la manière dont les identités des personnes âgées se construisent en lien avec les normes et valeurs contemporaines. Si de nombreuses personnes âgées intériorisent des constructions sociales âgistes de la vieillesse et du vieillissement, d’autres luttent ou résistent concrètement ou symboliquement contre l’influence de ces stéréotypes. Ces formes d’intériorisation ou de résistance seront explorées afin de dresser un portrait de la diversité des expériences liées au vieillissement. Le souci de documenter le rapport aux constructions sociales du vieillissement des populations âgées minoritaires (immigrants, minorités sexuelles) sera également au cœur de ce premier axe.
Le second axe s’intéresse aux diverses constructions collectives de la vieillesse et du vieillissement. Les stéréotypes oscillent généralement entre deux visions contrastées : d’un côté, nous retrouvons une vieillesse « active », un vieillissement réussi, ce dernier visant la préservation de la jeunesse. Il s’agit du « troisième âge ». De l’autre côté, il s’agit d’une vieillesse malade, dépendante, fragile, emblématique du « quatrième âge » ou des personnes très âgées. Ce second axe se propose d’examiner les conceptions collectives de la vieillesse reflétant ces stéréotypes, mais aussi celles pouvant être des possibilités différentes de cette catégorisation binaire. Il tentera aussi de considérer les effets concrets de cette construction dichotomique, tant au niveau individuel qu’institutionnel et politique.
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