Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jordan Girard : Université de Sherbrooke
Les généralisations génériques se manifestent sous forme de phrases telles que « Les tigres sont rayés », « Le tigre est rayé » ou « Un tigre est rayé ». Leur caractéristique essentielle est d’attribuer une propriété aux membres d’une catégorie, mais on les reconnait aussi à leur tolérance envers les exceptions, et à leur mutisme quant au nombre de membres concernés. Intrigués par ces caractéristiques, les philosophes ont tenté de formaliser la sémantique des génériques, mais sans réel succès. Les travaux en psychologie montrent toutefois que ces énoncés jouent un rôle privilégié dans le langage : ils constitueraient notre mode de généralisation par défaut, en plus d’être une fenêtre donnant sur nos concepts. Si cela s’avère, l’étude des génériques montre que nos concepts et leur contenu sont fortement indépendants vis-à-vis l’état du monde. En effet, la valeur de vérité d’un générique n’est que rarement déterminée par la prévalence de la propriété parmi les membres de la catégorie concernée. Ceci peut être problématique, par exemple, en ce qui concerne les concepts de races, de genre, de groupes religieux, etc. J’expliquerai l’indépendance des génériques vis-à-vis l’état du monde, et montrerai pourquoi les approches quantificationnelles à leur sémantique sont vouées à l’échec. L’objectif est de montrer à la communauté philosophique la pertinence de l’étude des génériques pour la philosophie du langage, l’épistémologie, l’éthique, et ainsi de suite.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.