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Gentrification socialement acceptable : d’une situation insatisfaisante à une coappropriation de la transformation

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Leila Ghaffari : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les débats théoriques au sujet de la gentrification ont été toujours contradictoires. Au cours des années 1980, tandis que le débat se concentrait sur l’opposition à la gentrification (Hartman et al., 1982), Caulfield (1989) voit la gentrification comme une pratique sociale importante. Bien que Byrne (2003) propose que la gentrification doive être encouragée pour les changements positifs qu’elle amené au quartier, Powell et Spencer (2003) suggèrent que la gentrification est l’invasion des riches chez les pauvres en profitant de leur ressources politiques et économiques. Aujourd'hui, nous observons une nouvelle tendance qui suggère de « gérer » la gentrification au lieu de la combattre (Freeman et Braconi, 2004).

Nous soutenons l’idée d’une gentrification gérable et nous suggérons que la gentrification peut devenir socialement acceptable si les effets négatifs sont contrôlés. Nous faisons l’hypothèse que l’insatisfaction résultant des transformations du quartier nuit au sentiment d’appartenance des résidents de longue date. Dans cette communication, nous examinons le processus d’une insatisfaction résultant de la gentrification vers la coappropriation des transformations. Nous nous basons sur les quatre niveaux de l’acceptabilité sociale définis par Thomson et Boutilier (2011), soit le rejet, la tolérance, l’approbation, et la coappropriation, pour démontrer comment les résidents peuvent monter vers la coappropriation des changements et donc, la réinvention du sentiment d’appartenance.

Résumé du colloque

La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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