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Heidegger et la « polis »

GC

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Gabriel Côté : Université Laval

Résumé de la communication

La traduction du mot grec pseudos par le latin falsum a, selon Heidegger, eu de lourdes conséquences sur le déploiement de l’histoire occidentale. Alors que to pseudos a le caractère de la dissimulation (et est donc un mode d’un cèlement plus originaire), le falsum a le caractère d’un faire tomber. Ainsi, le contraire du falsum est pour les romains verum, une tenue droite, une clôture. La vérité conçue comme verum est donc tout le contraire de l’aletheia grecque, un décèlement rendu possible par une ouverture. Une telle mutation de l’essence de la vérité a eu des répercussions sur l’ensemble de la pensée occidentale, notamment sur la question du politique. La traduction du titre du dialogue platonicien le plus important, la Politeia, par République en est un signe : nous en sommes venus à penser le politique comme l’organisation factuelle d’une société. Or, la polis n’a rien de politique, et « les Grecs sont le peuple non politique par excellence » (GA54, 142). La polis aurait plutôt le caractère d’un pôle autour duquel émerge tout ce qui apparait comme étant pour un grec ; autrement dit, la polis est le lieu de l’aletheia (GA54, 142). Comment alors penser le politique d’une manière qui soit, au sens d’Heidegger, authentiquement grecque, en considérant l’essence conflictuelle de l’aletheia dont la polis est le pôle ? C’est la question à laquelle cette étude sera appelée à répondre, à travers une lecture de l’interprétation heideggérienne de la Politeia de Platon.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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