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Sébastien Lacroix : Université Laval
La constante interaction entre le langage, les concepts et le monde s’incarne de façon particulière en philosophie du droit. Par exemple, H. L. A. Hart invoque la philosophie du langage ordinaire de J. L. Austin afin de résoudre un problème criant : que doit faire le juge dans les cas difficiles où le droit positif demeure flou ou muet ? Selon Hart, le juge peut alors user de sa discrétion et interpréter le droit comme il l’entend, puisque le langage ordinaire, constitutif du droit positif, est intrinsèquement vague et sujet à interprétation.
Ronald Dworkin s’oppose à cette vision sur la base d’une théorie des concepts distinguant entre concepts et conceptions. Alors que les premiers donnent les termes généraux du débat, les secondes sont diverses façons de comprendre les concepts. Par exemple, le concept « égalité » admet de nombreuses conceptions : égalité formelle, égalité matérielle, égalité des chances, etc. En raison de la dichotomie concept-conceptions, Dworkin affirme que le juge ne peut user de discrétion dans les cas difficiles, mais doit plutôt identifier la meilleure conception du concept en cause.
Dans le cadre de cette présentation, j’entends montrer en quoi il est ironique chacun de ces deux philosophes du droit utilise des théories liées au langage ou aux concepts pour arriver à des conclusions différentes. De plus, je présenterai ce qui découle de ce désaccord : une compréhension profondément opposée du lien entre droit et moralité.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.