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Sylvie Gravel : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Une étude portant sur la santé et la sécurité (SST) des travailleurs immigrants embauchés dans les petites entreprises a été le point de départ en 2012, de la mobilisation des acteurs pour améliorer l’accès de ces travailleurs aux mesures de protection. Trois ans plus tard, après avoir réalisé six projets, un bilan des actions s’imposait. Le 8 avril 2016 s’est tenu le grand débat: «Immigration et SST: protéger les travailleurs dans l’ombre». Au terme de ce débat, les acteurs ont convenu de revisiter leurs services, leurs approches et leurs actions selon leur mission respective pour freiner les effets néfastes de la précarisation des emplois. Ainsi, les services de protection et de surveillance de l’état de santé des travailleurs, les chercheurs en SST, les services de réadaptations de travailleurs victimes de lésions professionnelles, les juristes et les agents d’intégration des immigrants sur le marché du travail ont convenu d’accorder une attention particulière aux travailleurs étrangers temporaires, les travailleurs d’agence et ceux des petites entreprises non syndiquées (< 50 travailleurs). Par la suite, cette mobilisation s’est étendue aux grands gestionnaires des fichiers publics pour dresser un portrait de ces travailleurs et pour circonscrire dans quels secteurs d’activités économiques, dans quelles régions, dans quels types d’entreprises ils sont embauchés, afin de rendre nos actions de prévention plus efficientes.
METISS (Migration, ethnicité, interventions, santé, services sociaux) est une équipe de recherche financée par le FRQSC, en partenariat avec l’UQAM et le CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Institut de recherche au regard des communautés ethnoculturelles. Située au cœur d’un milieu de pratique, l’équipe réalise depuis plus de 20 ans des recherches sur les enjeux interculturels dans l’intervention sociale et de santé. Son partenariat s’établit avec le réseau de la santé et des services sociaux et avec des organismes du milieu œuvrant auprès des personnes immigrantes (Montgomery et al., 2014). Ses travaux s’inscrivent dans le cadre d’un modèle de recherche-intervention qui favorise la participation des praticiens et gestionnaires à toutes les étapes de la recherche. L’élaboration d’outils de valorisation fait également partie du processus partenarial afin de permettre l’appropriation des résultats par les milieux de pratique.
Depuis plusieurs années, des efforts sont déployés afin d’améliorer les pratiques dans divers milieux (communautaires, sociaux, de santé) en mettant la recherche à contribution. Les outils développés sont divers : formations, guides de pratique, capsules vidéo, recours aux arts, etc. La production d’outils de valorisation est un processus marqué par des succès et des revers. Ce colloque permettra d’échanger sur les aspects facilitateurs et les difficultés rencontrées dans ce domaine, en s’appuyant sur des exemples concrets issus de recherches portant sur l’intervention interculturelle dans les soins de santé et les services sociaux. Qu’est-ce qu’un outil de valorisation? Par quels processus est-il mis en place? Quelles sont ses limites? Qu’est-ce qui permet d’en optimiser l’utilisation ou de lui donner une meilleure visibilité auprès des intervenants, gestionnaires ou décideurs politiques? Y a-t-il des écarts de perceptions entre chercheurs et intervenants quant à la pertinence des outils? Par qui est porté l’outil une fois qu’il a été créé?
Titre du colloque :