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Mylene de Repentigny-Corbeil : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans un contexte migratoire, plusieurs aspects divergent selon le genre, la religion, l’appartenance ethnoculturelle ou le statut social des migrant-es. Cela peut influencer, compliquer ou accélérer les raisons de départ, les procédures migratoires et l’adaptation à la société d’accueil. Souvent considérés comme essentiellement masculins et propulsés par des impératifs économiques, les mouvements migratoires sont, depuis quelques années déjà, en proie à un changement profond ; les femmes constituent maintenant près de 50% des migrantes au niveau international. Au Québec, les femmes racisées, issues des minorités, sont de plus en plus nombreuses, et leur parole, de plus en plus puissante. Pourtant, sur le terrain, elles peinent à se faire entendre. Les membres de la communauté LGBT+ racisés, quant à eux/elles, sont confronté-es à plusieurs préjugés et stéréotypes. Victimes d’une double discrimination, ciblant leurs identités ethnoculturelle et sexuelle, ils/elles sont confrontés à des enjeux intersectionnels particuliers. Pour les femmes et les membres de la communauté LGBT+, les TIC deviennent importants afin de créer un imaginaire commun, développer des expressions identitaires, créer des mouvances militantes, exprimer librement leurs opinions et créer des solidarités de réseaux sans frontières. En effet, les TIC peuvent devenir des plateformes de dénonciation, de revendication qui ont pour but de créer des prises de conscience individuelles et collectives.
La hiérarchisation des questions sensibles et des priorités sociales du gouvernement du Québec pousse à regarder au sommet du monde de l’éducation, un monde de lucides et de solidaires. L’enjeu de conjuguer les éducations sexuelle et interculturelle y apparaît d’autant plus clairement que le sentiment de sécurité s’avère plus que jamais menacé chez les jeunes (filles et jeunes racisé(e)s). Cette conjugaison éducative appelle des réponses globales et concertées, intersectionnelles et intersectiorielles. La mixité de ces savoirs inter-milieux impose de rassembler les professionnels de l’intervention et de la recherche. Il en va d’une philosophie commune de l’éducation pouvant s’adapter à divers milieux ostracisant parfois des jeunes qu’ils souhaiteraient néanmoins aider. Les discours dominants adulto-centrés feront alors l’objet d’une réflexion critique portée notamment sur la performance et l’effort scolaires demandés aux jeunes vulnérabilisé(e)s. Nous contribuerons à les repenser de manières moins compétitives et discriminantes, moins violentes et doloristes, par-delà les idéaux et discours sociaux de performance, d’accomplissement et de dépassement de soi. Plutôt que de déplorer le manque ou la perte du goût de l’effort chez les jeunes, nous proposerons de détourner notre regard de sommets inatteignables que nous nous fixons. En reprenant la mesure de ce qui est réalisable avec et auprès des jeunes, en contribuant à la réflexion critique mise au service du développement de l’éducation antiraciste et antisexiste, nous verrons comment créer des rapports plus intelligents (à l’ère des TIC) et plus respectueux entre nous : entre gars et filles, entre jeunes de la majorité sociale et jeunes issu(e)s de communautés racisées. Nous donnerons ainsi à voir autrement les sommets de priorités éducatives gouvernementales actuelles : sensibiliser et agir, détecter et prévenir pour mieux vivre ensemble demain et déjà aujourd’hui.
Thème du colloque :