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Charlotte Sabourin : Université McGill
La querelle des femmes est marquée par une omniprésence des influences religieuses, comme en témoigne la citation reproduite plus haut, tirée du Traité sur les Eloges des Illustres Sçavantes, Anciennes & Modernes de Marguerite Buffet (1668 ; 201). Il n’est ainsi pas rare de retrouver un nombre important de saintes et d’héroïnes bibliques citées en exemple dans le cadre d’éloges de femmes illustres – type d’écrit courant lors de la querelle.
Mais cette omniprésence de la religion est aussi perceptible dans l’argumentation même des protagonistes de la querelle. L’une des stratégies argumentatives les plus courues consiste en effet à réinterpréter le récit de la Genèse afin d’en inférer l’égalité, l’infériorité ou la supériorité des femmes – un procédé également utilisé hors du contexte de la querelle, notamment par Spinoza (voir par exemple Éthique IVP68S). Tant l’ordre de la création que les matériaux utilisés par Dieu sont ainsi mis au service des arguments des philosophes.
Cette communication examinera le rapport particulier de trois philosophes féministes du 17e siècle au catholicisme : Marguerite Buffet, François Poulain de la Barre et Gabrielle Suchon. On verra que leur rapport à la religion, loin de relever du simple appel à l’autorité, constitue bien plutôt une réappropriation aussi critique qu’originale.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.