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La publicité d’aliments et de boissons dans les sites Internet préférés des adolescents canadiens

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Monique Potvin Kent : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

L’obésité chez les adolescents a triplé au cours des 30 dernières années et le marketing d’aliments a été identifié comme l’un de ses déterminants. Au Canada, le marketing est surtout autoréglementé par l’industrie alimentaire. L'objectif de notre recherche est de déterminer l’exposition des adolescents aux publicités d’aliments et de boissons sur leurs sites Internet préférés et de connaître la qualité nutritionnelle des produits publicisés. Pour réaliser cette étude, des données sur l’exposition à la publicité numérique (juin 2015 à mai 2016) ont été achetées et analysées. Les 10 sites Internet les plus populaires des adolescents de 12 à17 ans ont été identifiés pour en extraire les publicités d’aliments et de boissons qui étaient présentées en bannières et dans les annonces éclair. Cette étude permet de faire ressortir le fait que les adolescents ont vu 2 624 582 publicités d’aliments/boissons sur leurs sites préférés pendant l’année examinée et que les catégories d’aliments les plus présentes étaient les gâteaux/biscuits (31%) et les céréales à déjeuner (20%). La majorité (94%) des aliments étaient classifiés comme étant malsains et avaient une teneur excessive en matières grasses totales, en gras saturés, en gras trans, en sodium et/ou en sucres libres. On peut alors conclure que l’autoréglementation ne protège pas suffisamment les adolescents.

Résumé du colloque

L’adolescence est une période où les jeunes renégocient leur rapport à l’alimentation (Baril et coll., 2014). Leurs besoins nutritifs évoluent, ils sont plus intéressés par ce qu’ils mangent et ils s’engagent dans des expériences gustatives hors foyer. Les choix alimentaires permettent alors l’affirmation d’une nouvelle autonomie (Mathiot, 2012). La famille demeure un espace de socialisation privilégié en matière d’alimentation (Belorgey, 2011) puisqu’elle est responsable de l’achat des aliments, de la préparation et de la prise des repas, et que les cultures alimentaires se transmettent de génération en génération (Diasio et Pardo, 2009). Au moyen de pratiques médiatiques plus autonomes, les adolescents sont exposés aux discours des acteurs de la sphère marchande, comme l’industrie agroalimentaire. Ces acteurs proposent des produits ciblant la clientèle adolescente et font la promotion de certains modèles alimentaires et corporels (Le Breton, 2013). On assiste également à la multiplication d’émissions présentant recettes et conseils alimentaires à la télévision et dans Internet (Cohen, 2015; Pollan, 2013), une offre à laquelle contribuent les jeunes (Abbar et coll., 2015). À ces discours s’ajoutent ceux de la santé publique et communautaire, dont les interventions ont notamment visé à améliorer l’offre alimentaire dans les environnements scolaires et à promouvoir la saine alimentation auprès des jeunes (Ogilvie et Eggleton, 2016). Comment les adolescents s’approprient-ils les multiples discours souvent contradictoires sur l’alimentation qui circulent dans les espaces public et privé? Comment développer des interventions qui puissent les soutenir dans la construction de choix alimentaires autonomes? Les pratiques alimentaires impliquent en effet l’apprentissage d’un ensemble d’habiletés (culinaires, socioculturelles, gastronomiques, commerciales, techniques, critiques et corporelles), renvoyant au fait social global (Poulain, 2002) et constitutives des littératies alimentaires (Lemieux, 2014).

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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