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Lara Harwood-Ventura : Université McGill
Le seizième siècle vit l’émergence d’ouvrages défendant la dignité du sexe féminin dans le cadre de la querelle des femmes en Italie. Bien que la plupart d’entre eux eussent été écrits par des hommes, en 1600, l’auteure vénitienne Lucrezia Marinella publia La nobiltà, et l’eccellenza delle donne, co’ diffetti et mancamenti de gli huomini [La noblesse et l’excellence des femmes, et les défauts et vices des hommes]. Ce traité, divisé en deux parties, fut écrit en réponse à un ouvrage profondément misogyne: I donneschi difetti [Les défauts des femmes] de Giuseppe Passi (1599). Dans La nobiltà, Marinella fait appel à de nombreuses stratégies argumentatives pour démontrer la supériorité des femmes. Parmi ces dernières, elle recourt notamment à l’autorité de poètes italiens tels que Pétrarque, Dante, L’Arioste, etc. Cette présentation examinera les arguments féministes soutenus par son recours à la tradition littéraire italienne; l’interaction entre la philosophie et la littérature dans cette œuvre; ainsi que son usage flexible de sources littéraires, puisque Marinella n’hésite pas à réfuter les auteurs qui calomnient les femmes (tels que Boccace), tout comme elle le fait pour les sources philosophiques.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :