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Anne Latendresse : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le rapport des femmes à la ville est plus complexe qu’il n’y paraît. Dans les pays occidentaux, alors qu’une division sexuée du travail les a longtemps assignées à l’espace domestique, l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail à partir de la deuxième Guerre Mondiale, marque un point tournant. Désormais, elles côtoient les hommes dans les rues, les transports en commun, les marchés publics, les lieux de travail et les institutions publiques. Pourtant, malgré leur présence dans les espaces publics et leur contribution aux activités économiques, la ville est demeurée un espace réservé aux hommes. Non seulement, elle leur était réservée, mais elle est produite par eux. Or, depuis la fin des années 1980, des militantes d’organisations féministes ou de partis politiques municipaux, de même que des professionnelles de l’urbanisme et de l’aménagement ont questionné la non-reconnaissance des femmes dans la ville, et les inégalités qui allaient de pair (Latendresse, 2007). On assiste alors à l’émergence de nouvelles pratiques visant à re-penser la ville du point de vue de femmes, ou à tout le moins à la revoir sous l’angle de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est ainsi que Montréal adoptait, en 2008, sa politique Pour une participation égalitaire des femmes et des hommes à la vie de Montréal. Dans le cadre de cette communication, nous allons, à partir du cas montréalais, questionner la conception de l’égalité des femmes et des hommes mise de l’avant par l’institution municipale. En nous inspirant de la théorie de la justice sociale de Fraser, nous allons tenter de voir dans quelle mesure le féminisme libéral qui a pénétré l’institution municipale, joue un rôle en matière de reconnaissance des identités, de même qu’en matière de redistribution dans la ville.
Le cœur même du projet féministe réside dans la vision de justice sociale dont il est porteur. Ce colloque est l’occasion de revisiter l’égalité, l’équité et la parité, trois termes utilisés pour désigner cette revendication fondamentale. La réflexion est ouverte à l’ensemble des disciplines ainsi qu’aux personnes engagées dans une action concrète. Nous visons une réflexion théorique et conceptuelle, la production d’un état des lieux dans différents domaines et une mise en commun des stratégies.
Plusieurs sous-thématiques pouvaient être explorées sous cette bannière : modèles, concepts et définitions; évolution historique des concepts et des revendications; équité salariale et égalité professionnelle; rapports sociaux inégalitaires; parité en politique; représentation des femmes dans les instances (financières ou stratégiques); parité culturelle (cinéma, littérature, théâtre, etc.); l’école et l’université comme lieux d’(in)égalité; articulation de la parité hommes-femmes à d’autres revendications de justice sociale (formulées par les personnes racisées, LGBTQ, etc.) et à la pensée intersectionnelle; (in)égalités et (in)équités dans les rapports privés; reconnaissance, visibilité et légitimité de la présence des femmes dans tous les domaines; stratégies et moyens d’action; barrières et résistances; et études de cas.
Les communications composant ce colloque s’articulent en divers lieux : dans la recherche, l’enseignement, les politiques publiques; la gouvernance, les médias, la ville, le territoire; les milieux de travail et d’implication militante.
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