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L’art de l’entretien chez Romain Gary au crible de l’identité narrative

JG

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Jolianne GAUDREAULT BOURGEOIS : Université McGill

Résumé de la communication

Cette communication s’intéressera à la pratique de l’entretien chez Romain Gary en tant que lieu d’invention d’un soi à la fois biographique et fictif. À la lumière du concept d’identité narrative tel que le définit Paul Ricœur, sera notamment envisagé l’ultime entretien de Romain Gary accordé à Radio-Canada en 1980 et publié en 2014 sous le titre Le sens de ma vie, lequel peut être considéré comme la dernière autobiographie du romancier. Interviendra également La nuit sera calme (1974), une œuvre romanesque empruntant la forme d’un entretien fictif qui peut aussi être comprise comme un « auto-entretien ». Passerelle entre l’œuvre et la vie, l’entretien chez Gary s’avère un lieu de confession et d’invention où il est possible de s’envisager « soi-même comme un autre » et de multiplier les identités.

Résumé du colloque

L’entretien d’écrivain et plus particulièrement du romancier apparaît au 19e siècle, qui voit la montée à la fois du journalisme et du roman comme genre littéraire dominant. Cette convergence sert directement les romanciers qui peuvent désormais investir l’espace médiatique (journaux, revues, enquêtes) pour conférer au roman une légitimité (à travers des réflexions d’ordre esthétique, poétique, épistémologique, social) que les autres genres, déjà bien établis, n'ont pas à défendre dans la même mesure. Au 20e siècle, les liens qui se tissent entre roman et reportage, roman et engagement, roman et actualité, ainsi que le développement de la radio et de la télévision viendront non seulement intensifier la pratique de l’entretien, mais en faire un des lieux premiers de la réflexion des romanciers sur leur œuvre et plus généralement sur le genre romanesque. Les questions auxquelles invite ce colloque touchent à la nature de ces liens, dont elles cherchent à comprendre le fonctionnement et les usages : comment l’entretien s’offre-t-il au romancier comme une forme singulière de réflexion sur sa pratique et sur son œuvre? Que lui permet cette forme que ne lui permettent pas l’essai, les préfaces ou les chroniques? Quel savoir particulier l’entretien ouvre-t-il au critique? Par ailleurs, dans la mesure où, comme l’exposent les travaux de David Martens et de Christophe Meurée, l’entretien d’écrivain tend à devenir au 20e siècle un « genre » littéraire à part entière — surtout lorsque les entretiens sont destinés à la publication livresque et connaissent par le fait même un processus de remaniement, de réécriture et parfois même de mise en fiction —, on peut aussi se demander de quelle façon l’entretien peut être vu comme le prolongement d’une œuvre romanesque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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