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Le cours d’Éthique et culture religieuse, un espace de dialogue incontournable dans un contexte de polarisations sociales : exemples de pratiques à la CSDM

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Réginald FLEURY : Centre de services scolaire de Montréal

Résumé de la communication

Mis en place dans la tourmente, contesté dès son implantation, négligé par certains et même boudé par d’autres, rarement aura-t-on vu un programme d’étude autant malmené que celui d’éthique et culture religieuse (ECR). Le Mouvement laïque québécois l’a décrit comme un instrument de propagande religieuse[1]. Baril a fait de son abolition une condition de la lutte à l’intégrisme[2]. El-Mabrouk a déniché les pires exemples d’applications mal avisées du programme afin de le discréditer dans sa totalité. [3] Mais dans un contexte où le profilage, la discrimination, l’islamophobie et la radicalisation menant à la violence occupent massivement l’espace public, que proposent les pourfendeurs du programme d’ECR? À l’opposé, de nombreuses enseignantes et conseillères pédagogiques portent avec brio les idéaux collectifs incarnés par le programme d’éthique et culture religieuse. Ils vont plus loin que les manuels d’ECR et développent des activités pédagogiques ancrées dans la réalité de la diversité québécoise. Ils abordent des sujets d’actualités, parfois même sensibles, et ils créent des espaces de dialogue où les élèves peuvent échanger et pousser leur réflexion au-delà des discours médiatiques polarisants.

Nous présenterons quelques exemples de pratiques inspirantes mises en place par des enseignantes et enseignants de la CSDM.

Résumé du colloque

Le programme d’Éthique et culture religieuse (ECR) soulève nombre de débats depuis son implantation obligatoire dans toutes les écoles québécoises en 2008. Le programme a aussi été contesté devant les tribunaux. La Cour suprême du Canada a rendu un jugement en 2015 qui permet à une école secondaire privée d’adopter le programme ECR selon un point de vue catholique. Les défenseurs de ce programme regrettent ce jugement qui trahit son esprit non confessionnel, alors que ses opposants ont considéré qu’il confirmait l’idée que ce programme est un prolongement de l’enseignement religieux confessionnel d’autrefois. De plus, les signataires d’une pétition qui circule dans les médias sociaux en ce moment demandent que le programme ECR soit retiré du curriculum du primaire.

Depuis 2008, plusieurs études menées au Québec sur l’enseignement de l’ECR permettent de dresser un portrait des pratiques des enseignants et des défis qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Les chercheurs ont entre autres mis en évidence un certain nombre de faiblesses liées à ce cours : l’insuffisance de la formation des enseignants du primaire, le manque de connaissance sur la vie communautaire des minorités religieuses du Québec, la difficulté de traiter de thèmes sensibles, les carences dans plusieurs manuels scolaires, l’inconfort d’aborder un point de vue religieux sur des questions d’éthique, les règles déontologiques inscrites dans le programme, etc. Néanmoins, les chercheurs ont aussi montré que le programme ECR répond aux attentes d’une société qui se distingue par la reconnaissance de sa diversité.

Ce colloque se veut une occasion d’aborder, à partir d’études scientifiques et de réflexions critiques, les impasses et l’avenir du programme ECR.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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