Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
René Lachapelle : UQO - Université du Québec en Outaouais
Le contexte d’austérité, alliant réduction des dépenses publiques et abandon du dialogue social, aggrave les problématiques du mouvement communautaire québécois. Les problèmes de financement entraînent une réduction en quantité et en qualité des services que les groupes sont en mesure de rendre à une population en demande de services. Le réseau de la santé et des services sociaux exerce une pression sans précédent pour leur transférer des services relevant du réseau. Actuellement des organismes implosent et on assiste à un glissement vers les services aux dépens des enjeux démocratiques de l’action communautaire dont l’autonomie est liée à la vie associative et à son ancrage dans la communauté. Il y a une volonté claire du gouvernement de réduire la capacité politique des organismes. Bien que les groupes communautaires rejoignent beaucoup de personnes, ceux qui les fréquentent ne sont pas nécessairement des membres et plusieurs ne sont prêts à s’engager ni dans l’action citoyenne ni dans la vie des associations. L’individualisme et la consommation atteignent le mouvement communautaire de plus en plus aux prises avec des citoyens consommateurs qui ont peu d’intérêt à s’engager. Pourtant le milieu communautaire demeure un espace qui donne espoir : on y trouve encore de la place pour être solidaires et de nouveaux organismes émergent axés sur un paradigme d’écodéveloppement. Comment soutenir un renouvellement de la capacité de mobilisation citoyenne de l’action communautaire ?
La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).
Titre du colloque :
Thème du colloque :