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Pierre Doray : Université du Québec à Montréal
La communication présente propose une double lecture de la réception du rapport de la Commission d’études sur l’éducation et la formation des adultes (CEFA) afin de mettre en lumière son influence dans le champ de l’éducation des adultes.
Au moment où le gouvernement du Parti Québécois cherchait à donner un second souffle à la réforme de l’éducation à la fin des années 1970, plusieurs consultations sont tenues et plusieurs rapports sont produits sur les différents ordres d’enseignement. L’éducation des adultes n’échappe pas à ce mouvement avec la création de la CEFA qui publie son rapport en 1982. La Commission reprend largement les objectifs de l’éducation des adultes formulés dans le rapport Parent, elle s’intéresse à tous les volets ou les segments de l’éducation des adultes et propose des changements en profondeur de son organisation. En ce sens, la CEFA réaffirme la contribution sociale de l’éducation et son orientation sociale-démocrate véhiculée au moment de la Révolution Tranquille.
Toutefois, la réception du rapport est, à première vue, mitigée, les principales propositions restant lettre morte. On peut y voir un effet d’un changement de conjoncture avec la montée d’une forte crise économique qui se traduit aussi par une importante crise de l’emploi. Les changements de référentiels politiques au cours des années 1980 et 1990 ont aussi contribué à faire oublier ce rapport et à orienter les politiques publiques de l’éducation des adultes vers la formation de la main-d’œuvre dans un mouvement de professionnalisation du champ.
Un second regard permet de constater que la réception des propositions est plus compliquée. En effet, le rapport a constitué une réserve d’idées dont plusieurs ont été effectivement reprises, comme le financement de la formation en entreprise et la reconnaissance des acquis. Encore, faut-il qu’un arrimage avec le projet d’éducation et de formation tout au long de la vie soit établi. En plus, le rapport a aussi été une source d’inspiration pour de nombreux acteurs de l’éducation des adultes qui leur a permis de construire des propositions d’action tout au cours de la période.
En 2017, le rapport de la Commission d’étude sur la formation professionnelle et socioculturelle des adultes (Rapport Jean) aura 35 ans. Au début des années 1980, les travaux de la commission d’étude, sous la présidence de Michèle Stanton-Jean, ont consisté à donner la parole aux divers acteurs de l’éducation des adultes au moyen, entre autres, de 244 audiences tenues et avec l’analyse de 276 mémoires et de nombreux écrits sur le sujet. La question de l’éducation des adultes a été traitée sous différents angles avec la participation de la société québécoise pour donner lieu à 430 recommandations pour l’énoncé d’une politique d’éducation globale des adultes. Trente-cinq ans plus tard, nous sommes en mesure de constater que si certaines recommandations ont été mises en application par des politiques, telle la Loi sur les compétences (loi du 1 %), d’autres demeurent encore aujourd’hui pertinentes pour le développement de l’éducation des adultes dans une perspective d’éducation tout au long de la vie. Ainsi, ce colloque a pour but de souligner la contribution du Rapport Jean à l’éducation des adultes, de porter un regard sur ce qui reste à accomplir en observant et en partageant les recherches actuelles, mais aussi de regarder vers l’avenir en réfléchissant aux orientations que devrait prendre l’éducation des adultes et à la façon dont la recherche peut contribuer à l’atteinte de nouveaux sommets.
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