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Gilbert McLaughlin : Université d'Ottawa
Gérard Bouchard s’est intéressé à la question des imaginaires collectifs et des mythes sociaux. Il propose des outils d’interprétation des imaginaires et des mythes liés directement à l’analyse du discours et adapter aux sociétés modernes. Il prend comme objet d’étude la pensée sociale et politique (le discours), qui s’emploie à élaborer des visions d’une société (imaginaire) générant une culture par des représentations du présent (de l’identité de soi et de l’autre), de son passé (mémoire) et de son avenir (utopie), « doublées d’un programme d’action individuelle et collective ».
Toutefois, l’auteur souligne l’échec des mythes politiques contemporains : « les grandes utopies des Amériques sont en panne, les mythes fondateurs nationaux sont en désaffection; la modernité elle-même, selon de nombreux observateurs, aurait épuisé son capital de rêve et d’action […] ». Devant ces défis, il est possible de se demander comment la désaffectation des mythes politiques s’inscrit à l’intérieur de la francophonie canadienne.
Bouchard n’hésite pas à souligner la capacité d’action des acteurs dans la société. Nous allons donc approfondir la place que Gérard Bouchard accorde à l’intellectuel dans la construction des mythes sociaux. Pour y arriver, nous allons présenter sa théorie des mythes sociaux en utilisant principalement le cas du Québec et de l’Acadie.
Nous souhaitons dresser un bilan, tout en interpellant les chercheurs communautaires, gouvernementaux et universitaires au sujet des perspectives d’avenir du champ sur les francophonies d’Amérique. Nous souhaitons particulièrement explorer les apports potentiels d’une plus grande interdisciplinarité et d’un plus grand recours à la comparaison interrégionale.
Après l’abandon progressif de la logique canadienne-française dans les années 1970, la recherche sur les francophones hors Québec a suscité l’émergence de thématiques originales liées au fait minoritaire, à la gouvernance, à l’espace ou à l’identité, par exemple. Depuis le début des années 1990, les études portant sur les francophones en situation minoritaire s’avèrent, en outre, de plus en plus nombreuses. À ce titre, si les réseaux de chercheurs et d’organismes communautaires bâtissent davantage de ponts entre les régions, les distinctions et la distance entre les communautés francophones du continent ont réduit les occasions pour les chercheurs universitaires et communautaires de bâtir des savoirs réellement partagés au sein d’un champ de recherche. Il en résulte davantage d’études de cas, associées notamment à des régions spécifiques, qui gagneraient à être intégrées à des perspectives comparatives engageant diverses disciplines.
Un autre cloisonnement des savoirs pourrait également être évoqué, soit celui des connaissances universitaires (disciplinaires), gouvernementales et communautaires. Il y aurait lieu de s’interroger sur les potentialités stratégiques et synthétiques de ces collaborations, qui demeurent le plus souvent ponctuelles.
Plus particulièrement, nous invitons des propositions sur les thèmes suivants :
— La mise en dialogue et en comparaison des différents espaces francophones;
— Des francophonies d’Amérique à la rencontre d’autres réalités minoritaires;
— La mise en dialogue et en comparaison des différents savoirs sur les francophonies d’Amérique.
Titre du colloque :