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Sharam Alijani : NEOMA Business School
Cette communication a pour objet de mettre en lumière les dilemmes auxquels les innovateurs sociaux (acteurs de la société civile, entrepreneurs sociaux, entreprises d’économie sociale,…) sont confrontés. Nous investiguons les dimensions et les trajectoires multiples des innovations sociales à partir d’une étude de terrain et de cas sélectionnés en Europe continentale, Europe du nord et Europe du sud. Notre recherche met en lumière les formes d’agir des acteurs face aux rigidités institutionnelles, la rareté des ressources et les contraintes du marché pour assurer le changement d’échelle en accélérant la transformation sociale.
Nous tenterons ainsi de restituer le débat sur les facteurs qui affectent les processus d’émergence des innovations sociales, leur trajectoire et leur dynamique adaptative et mimétique. Plus particulièrement notre recherche met en exergue les difficultés rencontrées par les innovateurs sociaux pour réconcilier l’efficacité économique et les objectifs sociaux, mobiliser le soutien de l’Etat et des pouvoirs publics, renforcer la coopération entre les secteurs public et privé, les intermédiaires institutionnels, les investisseurs et les usagers (i.e. organisations, réseaux, communautés,….) avec l’objectif d’accroître le bien-être et l’équité sociale, économique et spatiale.
La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).
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