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L’existence et les mots : tableaux d’une insuffisance du langage dans « La Nausée » et les « Miettes philosophiques »

JN

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Jean-Christophe Nadeau : Université Laval

Résumé de la communication

Roquentin (Sartre) et Climacus (Kierkegaard) se sont tous deux interrogés sur le caractère ineffable de l’existence. Pour le premier, c’est via la crise qu’il nomme la « nausée », que nous sommes butés à l’insuffisance du langage en matière d’existence. Il constate que si le mot peut aider à saisir le concept général, il reste impuissant à rendre compte de l’individuel ; et d’un coup, ça le frappe : cette chose-là, devant lui, existe dans la mesure où il ne peut pas l’expliquer. Les mots qu’il cherche, en vain, à apposer sur l’existence semblent se vider, être inaptes à en rendre compte.

Chez Climacus, il s’agit plutôt de confronter, grâce à un jeu de l’esprit, l’intelligence avec ce qu’il nomme le paradoxe, c’est-à-dire avec la chose qui résiste ultimement à toute appréhension par la délibération. Des parallèles immédiats peuvent s’établir avec l’expérience de la Nausée. Ces auteurs incitent à faire le saut dans l’existence, car elle n’est pas quelque chose qui se laisse penser de loin.

Est-ce dire qu’un discours sur cette dernière est, pour eux, impossible ? Le langage, bien compris, devra être lucide de son propre échec, ce qui devient le point de départ vers son propre dépassement. Si le mot est inapte à expliquer, les mots peuvent néanmoins induire une attitude qui forcerait le saut dans l’existence, c’est-à-dire devenir un tremplin vers l’ineffable.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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