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L’interdépendance entre nos expériences du monde et nos mots : une interprétation nietzschéenne

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Tansy Etro-Beko : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

À la question « comment le langage et les concepts façonnent-ils nos expériences du monde ? », je propose une exploration de la réponse de F. W. Nietzsche. Chez Nietzsche, il y a deux étapes distinctes. D’abord nos expériences du monde façonnent nos mots et concepts; par la suite, ceux-ci façonnent nos expériences à leur tour. Suivant ce philosophe, même si elle en dépend, la désignation d’une réalité compte pour infiniment plus que son existence ou sa nature. Je propose qu’un approfondissement des paires de concepts (1) « bien » et « méchant » puis (2) « mal » et « bien » permettra de mettre en valeur ce cercle herméneutique interprétatif nietzschéen.

Nietzsche avance que nous créons des mots et concepts selon notre expérience du monde, qui est de l’un de deux types généraux: celle du maître et celle de l’esclave. Selon le type d’expérience, une différente conception et donc un différent mot et concept se développe, notamment dans le cas du bien. Plus particulièrement, le bien selon le type du maître est une affirmation spontanée de soi-même, alors que son contraire, le méchant, n’est développé qu’en réaction à ce bien initial. En contraste, le bien du type esclave est une réaction à son pendant antérieur: le mal. À la suite de cette compréhension du bien, développe Nietzsche, diverses expériences du monde sont engendrées: avec le mal comme concept opposé au bien, plutôt que le méchant, l’opposition radicale et exterminatrice de contraires est permise, voire encouragée.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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