Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Nicolas Gévry
LRH-1 (ou NR5A2) est un récepteur nucléaire orphelin qui joue un rôle essentiel dans la progression des cancers du sein. Bien que l'action de LRH-1 soit fortement corrélée avec la signalisation du récepteur ERα, LRH-1 est également exprimé dans les cancers « triple négatif » (TNBC) suggérant un rôle important de ce récepteur dans tous les types de cancers de sein. En effet, nous avons démontré que le programme transcriptionnel de LRH-1 dans les cellules cancéreuses est associé aux gènes impliqués dans la croissance cellulaire et la migration et corrèle avec la signature des tumeurs de grade élevé et de mauvais pronostic. De plus nos récentes analyses cistromiques révèlent que LRH-1 présente un degré de plasticité dans sa capacité de liaison à l’ADN. En effet, LRH-1 est associé préférentiellement à ERα et FOXA1 dans les cellules ERα+ et contrôle principalement les gènes impliqués dans la prolifération (CCND1, CDKN1A) et la signalisation hormonale. Cependant, dans les TNBC, LRH-1 se lie préférentiellement proche des gènes impliqués dans la migration, caractéristique de la progression des cancers associés à un mauvais pronostic. Ces données corrèlent avec les résultats obtenus in vitro montrant que l'inhibition de LRH-1 par des shRNA ou des molécules synthétiques bloque la prolifération mais aussi la migration et l'invasion cellulaire, faisant de LRH-1 une nouvelle cible potentielle pour le développement de traitements alternatifs.
Les récepteurs nucléaires, qui agissent comme facteurs de transcription activés par des hormones, vitamines ou autres petites molécules signalisatrices, jouent des rôles clés dans le développement, la physiologie et la pathologie d’organismes complexes. Au nombre de 48 chez l’homme, ils représentent des cibles importantes pour le développement de médicaments. L’élucidation de leurs mécanismes d’action a été grandement accélérée par l’utilisation de techniques permettant la caractérisation de leurs effets à l’échelle du génome, mais aussi du protéome et du métabolome. De plus, le développement récent d’approches de criblage par shRNA ou CRISPR-Cas9 et d’analyses bio-informatiques de polymorphismes et mutations présents dans la population a permis de faire la lumière sur les réseaux de régulation auxquels ces récepteurs appartiennent. Finalement, il est nécessaire, pour l’identification de nouveaux ligands inhibiteurs ou activateurs de ces récepteurs, de faire appel à des techniques permettant d’interroger de manière quantitative la formation de complexes protéiques les incluant. Le colloque portera sur les progrès technologiques récents qui contribuent à l’avancement de nos connaissances sur les mécanismes d’action des récepteurs nucléaires ainsi que sur les approches permettant l’application de ces connaissances au traitement de pathologies découlant de la dérégulation de ces récepteurs.
Titre du colloque :
Thème du colloque :