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Nicolas CHOMONT : Université de Montréal
Au cours des trithérapies, le VIH persiste dans des réservoirs cellulaires et anatomiques qui sont responsables du rebond viral observé lorsque le traitement est interrompu. Le réservoir viral est caractérisé par une demi-vie extrêmement longue, indiquant que les traitements antirétroviraux seuls ne permettront pas de l’éliminer en un temps raisonnable.
Afin d’identifier des mécanismes régulant la fréquence des cellules infectées, nous avons mesuré la taille du réservoir du VIH dans une cohorte de 28 adultes (18 à 72 ans) sous traitement antirétroviral depuis au moins 3 ans. Nous avons utilisé une mesure fonctionnelle du réservoir, le « Tat/Rev Induced Limiting Dilution Assay » (TILDA) qui mesure la fréquence de cellules ayant la capacité de produire des ARN multi-épissés, un prérequis à la production de particules virales. En utilisant TILDA, le paramètre le plus significativement associé à la taille du réservoir était l’âge des participants. Afin de déterminer si cet effet de l’âge sur la persistance virale pouvait également être observé chez des enfants et des adolescents, nous avons également mesuré la taille du réservoir dans 2 études pédiatriques menées en Thaïlande. La taille du réservoir inductible mesurée chez ces enfants était significativement plus faible que celle mesurée chez des adultes. Nos résultats démontrent que la taille du réservoir inductible est fortement associée à l’âge, du premier au troisième âge.
Le VIH/sida demeure l’un des fardeaux de santé publique les plus graves des dernières décennies. À l’échelle mondiale, 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH, y compris plus de 70 000 au Canada dont 19 000 au Québec. Malgré les thérapies antirétrovirales permettant de cesser la progression de la maladie chez les personnes vivant avec le virus, ce dernier persiste tout de même en quantités minimes dans l’organisme humain. Cela oblige l’individu à vivre chroniquement avec le virus et à rester dépendant à la prise continuelle de médicaments, une condition qui demeure liée à plusieurs comorbidités. En réponse à cette problématique, bon nombre de chercheurs francophones ont déployé des efforts soutenus et ont contribué de façon remarquable à la recherche en vue de guérir le VIH chez les populations concernées. Nous en avons réuni plusieurs dans le cadre de ce colloque qui leur est consacré.
Les thématiques de recherche sur la guérison du VIH abordées au colloque seront : la recherche fondamentale, pour mieux comprendre les liens entre la latence (ou dormance) virale, l’altération des fonctions immunitaires et le degré de pénétration des médicaments dans le corps humain; la recherche clinique, pour l’analyse de biopsies de tissus obtenus par l’entremise de cohortes de volontaires, en vue du développement de stratégies vaccinales et d’immunothérapies ciblant la persistance du VIH; et l’intervention et l’engagement communautaires, afin d’explorer les enjeux psychologiques, éthiques et socioculturels inhérents à la poursuite des études visant une rémission virale.
Ce colloque permettra de faire connaître davantage les priorités et pistes de recherche qui mèneront potentiellement à une guérison du VIH, tout en nourrissant un dialogue interdisciplinaire pour renforcer et mieux orienter les efforts collectifs face à l’épidémie. Des chefs de file provenant de la scène internationale participeront également, afin de présenter les approches de recherche vers une guérison qui sont en cours d’élaboration par leurs équipes scientifiques.
Titre du colloque :