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Pierre Michon par Pierre Michon

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Guillaume Ménard : Université McGill

Résumé de la communication

Le titre de cette communication fait signe vers celui de l’autoportrait Roland Barthes par Roland Barthes (1975), écrivain auquel Pierre Michon voue un grand respect. C’est à Barthes que Michon doit l’usage du terme « biographème », élément distinctif mais partageable de toute biographie, et dont on en retrouve la trace dans ses entretiens. L’alcoolisme avoué, le rire ironique et l’absence du père constituent quelques-uns des traits importants de la biographie michonienne, telle que l’écrivain la révèle en entrevue. Or les biographèmes de Michon offrent de singuliers échos à ses textes de fiction, notamment avec la vie d’Arthur Rimbaud dans Rimbaud le fils (1991). Le biographème serait ainsi à comprendre comme un carrefour dans lequel se nouent et se dénouent la personne réelle (biographique), l’écrivain (institutionnel) et les personnages (fictionnels), où fiction et réalité, œuvre et biographie engagent un conflit et des jeux de transformations réciproques. L’objectif de cette communication est de réfléchir à l’entretien comme espace d’une négociation entre la vie de l’écrivain et la possibilité de l’invention de soi par les moyens de la fiction. Les entretiens de Pierre Michon réunis sous le titre Le Roi vient quand il veut (2007) et son récit Rimbaud le fils (1991) feront l’objet de cette présentation.

Résumé du colloque

L’entretien d’écrivain et plus particulièrement du romancier apparaît au 19e siècle, qui voit la montée à la fois du journalisme et du roman comme genre littéraire dominant. Cette convergence sert directement les romanciers qui peuvent désormais investir l’espace médiatique (journaux, revues, enquêtes) pour conférer au roman une légitimité (à travers des réflexions d’ordre esthétique, poétique, épistémologique, social) que les autres genres, déjà bien établis, n'ont pas à défendre dans la même mesure. Au 20e siècle, les liens qui se tissent entre roman et reportage, roman et engagement, roman et actualité, ainsi que le développement de la radio et de la télévision viendront non seulement intensifier la pratique de l’entretien, mais en faire un des lieux premiers de la réflexion des romanciers sur leur œuvre et plus généralement sur le genre romanesque. Les questions auxquelles invite ce colloque touchent à la nature de ces liens, dont elles cherchent à comprendre le fonctionnement et les usages : comment l’entretien s’offre-t-il au romancier comme une forme singulière de réflexion sur sa pratique et sur son œuvre? Que lui permet cette forme que ne lui permettent pas l’essai, les préfaces ou les chroniques? Quel savoir particulier l’entretien ouvre-t-il au critique? Par ailleurs, dans la mesure où, comme l’exposent les travaux de David Martens et de Christophe Meurée, l’entretien d’écrivain tend à devenir au 20e siècle un « genre » littéraire à part entière — surtout lorsque les entretiens sont destinés à la publication livresque et connaissent par le fait même un processus de remaniement, de réécriture et parfois même de mise en fiction —, on peut aussi se demander de quelle façon l’entretien peut être vu comme le prolongement d’une œuvre romanesque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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