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Brigitte Voyer : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’Énoncé d’une politique globale de l’éducation des adultes dans une perspective d’éducation permanente (CEFA, 1982) aborde les questions du statut et du rôle des éducateurs d’adultes. On y fait état de la diversité des pratiques de formation et de la polyvalence de ceux qu’on nommait alors les éducateurs d’adultes. Pour la CEFA, le rôle de ces éducateurs ne devait pas se limiter à la transmission du savoir académique, mais s’inscrire dans un engagement politique visant le changement social. Constatant le caractère éphémère des pratiques des éducateurs d’adultes, la CEFA discute de leurs conditions de travail et de leur précarité statutaire. Puis, elle demande : doit-on professionnaliser ou déprofessionnaliser ? Voulant éviter une spécialisation indue (p. 446), la CEFA n’estime pas que l’acquisition d’une formation initiale spécialisée serait une voie pour améliorer la pratique et la reconnaissance professionnelle. Selon elle, d’autres modèles doivent être envisagés. Or, au fil des quarante dernières années, où en sont ces questions sur le terrain du milieu scolaire ? Un modèle de compétences professionnelles pour les enseignants a été implanté (MEQ, 2001) et le débat sur la professionnalisation a retenu beaucoup d’attention (Tardif et Gauthier, 1999). Dans le milieu de la formation générale des adultes (FGA), les préoccupations ont tourné autour de la Politique gouvernementale (MEQ, 2002), des conditions de travail (Voyer et Ollivier, 2002) et de la formation universitaire initiale (TREAQFP, 2004 : AQIFGA, 2010, 2012 ; Voyer, Brodeur, Meilleur et al, 2012).
Cette communication veut exposer la conception de la CEFA sur la professionnalisation des éducateurs d’adultes et rappeler les recommandations et modèles proposés. Nous y traiterons également des facteurs législatifs, réglementaires et collectifs liés à l’histoire récente qui ont influencé la situation actuelle. Nous mettrons en relief les aspects pertinents et moins appropriés du modèle de la CEFA pour le contexte d’aujourd’hui.
En 2017, le rapport de la Commission d’étude sur la formation professionnelle et socioculturelle des adultes (Rapport Jean) aura 35 ans. Au début des années 1980, les travaux de la commission d’étude, sous la présidence de Michèle Stanton-Jean, ont consisté à donner la parole aux divers acteurs de l’éducation des adultes au moyen, entre autres, de 244 audiences tenues et avec l’analyse de 276 mémoires et de nombreux écrits sur le sujet. La question de l’éducation des adultes a été traitée sous différents angles avec la participation de la société québécoise pour donner lieu à 430 recommandations pour l’énoncé d’une politique d’éducation globale des adultes. Trente-cinq ans plus tard, nous sommes en mesure de constater que si certaines recommandations ont été mises en application par des politiques, telle la Loi sur les compétences (loi du 1 %), d’autres demeurent encore aujourd’hui pertinentes pour le développement de l’éducation des adultes dans une perspective d’éducation tout au long de la vie. Ainsi, ce colloque a pour but de souligner la contribution du Rapport Jean à l’éducation des adultes, de porter un regard sur ce qui reste à accomplir en observant et en partageant les recherches actuelles, mais aussi de regarder vers l’avenir en réfléchissant aux orientations que devrait prendre l’éducation des adultes et à la façon dont la recherche peut contribuer à l’atteinte de nouveaux sommets.
Titre du colloque :