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Nancy Gaudreau : Université Laval
Plusieurs recherches démontrent qu'intervenir auprès des élèves présentant des difficultés comportementales s'avère une tâche difficile pour plusieurs membres du personnel éducatif des écoles (Carra et Faggianelli, 2011; Rousseau et al. 2015). Une formation initiale jugée insuffisante et un manque de concertation au sein de l'équipe éducative peuvent affecter de façon significative la capacité du personnel scolaire à mettre en place un climat scolaire favorable à l'inclusion de ces élèves (CSE, 2014; Girard et al. 2011; Wubbels, 2012). Cette communication présente les effets d’une recherche-action-formation visant à prévenir et gérer efficacement les comportements difficiles au sein d’une école primaire. À l’aide d’une méthodologie de recherche mixte, les analyses quantitatives et qualitatives des données ont permis de documenter les effets des activités de formation-accompagnement sur : 1) le sentiment d’efficacité collective du personnel éducatif de l'école (Dussault et al. 2012); 2) le stress perçu à gérer les comportements difficiles (Cohen et Williamson, 1988); 3) les attitudes face à l'inclusion des élèves présentant en difficulté de comportement (Mahat, 2008); 4) le climat scolaire lié à la violence à l'école (Beaumont et al., 2009) et 5) les pratiques d’intervention du personnel scolaire et les comportements des élèves. À la lumière de ces résultats, des pistes de recherche et d’intervention sont suggérées.
L’intervention auprès des élèves ayant des difficultés de comportement est reconnue comme étant difficile dans les différents milieux scolaires. En effet, des recherches montrent un écart entre les pratiques jugées probantes pour ces élèves et celles qui sont effectivement utilisées par les enseignants en classe (Gable, Rothrauff, Thornburg et Mauzy, 2010; Maggin et coll., 2011). Un écart existerait aussi entre les pratiques déclarées et les pratiques réelles (Almog et Shechtman, 2007). Celles-ci sont teintées des croyances et des attitudes que les enseignants entretiennent vis-à-vis de ces élèves, ainsi que par leur sentiment d’auto-efficacité (Gaudreau, Royer, Beaumont et Frénette, 2012) ou d’autres variables telles que l’expérience professionnelle (Chouinard, 1999). Elles vont évidemment influencer la qualité des expériences scolaires des élèves en difficulté de comportement, reconnue comme étant souvent moins positive que celle de leurs pairs (Achilles, McLaughlin et Croninger, 2007; Rousseau, Point et Vienneau, 2015) et risquent également de péjorer le climat général de la classe (Montuoro et Lewis, 2015).
Le but de ce colloque est de faire état de l’avancement scientifique en ce qui concerne les croyances et perceptions des acteurs vis-à-vis des pratiques d’intervention en milieu scolaire. Il vise aussi à porter un regard critique sur les pistes d’actions et les avenues de recherche à envisager pour améliorer le vécu scolaire des élèves présentant des difficultés de comportement et de leurs camarades. Il sera axé sur un partage des expertises scientifiques mises en œuvre dans le domaine de l’intervention en milieux scolaires auprès des élèves ayant des difficultés de comportement. Les objets de recherche divers et complémentaires des chercheurs permettront de repérer les convergences et les points d’écart dans les travaux réalisés au Québec et à l’étranger. En s’appuyant sur une réflexion intégrative, il vise aussi à dégager les pistes d’intervention probantes et à orienter les perspectives de recherche ultérieures.
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