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Réappliquer c’est resignifier : les défis de la transférabilité des programmes d’innovation sociale vers d’autres contextes

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Marlei Pozzebon : HEC Montréal

Résumé de la communication

Cette proposition présente une réflexion pragmatique concernant la transférabilité des programmes d'innovation sociale à des contextes différents. Les innovations sociales assument un rôle davantage important, ce pouvant favoriser l’émergence de transformations sociales. Concrètement, les praticiens de l'innovation sociale sont confrontés à deux principaux défis entourant le transfert d’innovations sociales : la durabilité à long terme et le changement d’échelle. Ce dernier défi – le changement d’échelle – fait référence à la possibilité de diffuser, de transférer, de reproduire, de réappliquer ou de resignifier un programme ou projet d'innovation sociale réussi d'un contexte à un autre, avec un impact significatif. Un grand nombre d'échecs de « tentatives de transfert » est documenté dans la littérature (Oudenhoven et Wazir, 1998; Klein et al, 1999; Mulgan, 2006), corroborant la complexité de la question. Inspirés par des travaux antérieurs sur les adaptations globales et locales (Pozzebon et Van Heck, 2006), nous proposons un cadre socioconstructiviste visant à aider des chercheurs et des praticiens à faire face au complexe processus de « resignification ». Avec ce cadre, nous envisageons développer un outil d’analyse processuel, de façon à augmenter les chances de réussite de la réapplication de programmes d’innovation sociale.

Résumé du colloque

La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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