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Antoine PAGEAU ST-HILAIRE : University of Chicago
L’enjeu central des réflexions de L. Strauss et de H. Arendt est l’alternative traditionnelle entre le bios politikos et le bios theôrêtikos. Or, en dépit de leurs conclusions opposées à ce sujet, leurs traitements de cette question reposent tous les deux sur une appropriation erronée de la notion aristotélicienne d’activité (energeia). En référence à la pensée d’Aristote, chacun affirme que la plus haute activité humaine doit avoir sa fin en elle-même. Aristote affirme en effet que toute energeia a pour caractéristique de contenir en elle-même son telos (Met.θ.6), de telle sorte que les activités humaines qui sont des energeiai ont une valeur intrinsèque. Ainsi Arendt affirme que seule l’action politique (praxis) est à elle-même sa fin et elle rejette donc la theôria. Strauss, lui, affirme que seule la vie théorétique est désirable pour elle-même et assigne ainsi à la vie morale et politique la rang de moyens en vue de cette fin supérieure. Nous montrerons que chacune de ces réductions s’inscrit en faux avec la conception aristotélicienne de l’activité : le caractère «autotélique» d’une energeia particulière en effet n’exclut en rien celui d’autres energeiai, et celles-ci peuvent avoir à la fois une valeur intrinsèque et extrinsèque. En ce sens, un regard plus attentif au fondement ontologique de l’activité permet à la pensée politique de hiérarchiser les biens sans toutefois réduire l’ensemble des aspirations humaines à ce qui apparaît comme la plus haute d’entre-elles.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Thème du colloque :