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Chloé Dauphinais : Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations
La diversification des modèles conjugaux et les mutations survenues à l’intérieur du couple ont suscité l’intérêt des sociologues, mais en se focalisant sur les jeunes adultes. Cette diversification est pourtant présente dans la population plus âgée où l’on observe notamment une augmentation de l’union libre ainsi que des séparations et des divorces.
Les relations intimes dans la vieillesse font l’objet de préjugés âgistes, particulièrement en ce qui a trait au désir et à la sexualité. Ces représentations peuvent avoir des conséquences sur la perception qu’ont les individus d’eux-mêmes. Néanmoins, de nouvelles représentations seraient aussi apparues en lien avec l’allongement de la vie. Désormais le temps de la retraite se verrait repensé comme une période d’accomplissement de soi. Cela aurait accru l’éventail des possibles, dont ceux de la vie amoureuse.
Les amours naissant aux âges avancés seraient aujourd’hui concevables, voire désirées, mais comment est-ce que cela se déploie au sein des existences ? Les structurations et normes sociales ont un effet sur les opportunités et contraintes qu’offrent les trajectoires individuelles, or comment celles-ci marquent-elles les expériences de la remise en couple qui a cours plus tard dans le parcours de vie ? Quels sens les partenaires donnent-ils à leur union ? Lors de cette communication, j’aimerais explorer ces questionnements en me basant sur les analyses préliminaires d’entretiens menés dans le cadre de mon projet de mémoire.
Produits du regard posé sur soi, mais également des regards des autres posés sur soi, la vieillesse et le vieillissement sont des constructions sociales qui se situent à la croisée de l’expérience individuelle et sociale. Dans un mouvement de balancier, les individus non seulement intériorisent ces représentations sociales, mais participent également à leur reproduction.
Les deux axes qui seront explorés dans ce colloque correspondent aux deux oscillations du balancier. Le premier concerne la manière dont les identités des personnes âgées se construisent en lien avec les normes et valeurs contemporaines. Si de nombreuses personnes âgées intériorisent des constructions sociales âgistes de la vieillesse et du vieillissement, d’autres luttent ou résistent concrètement ou symboliquement contre l’influence de ces stéréotypes. Ces formes d’intériorisation ou de résistance seront explorées afin de dresser un portrait de la diversité des expériences liées au vieillissement. Le souci de documenter le rapport aux constructions sociales du vieillissement des populations âgées minoritaires (immigrants, minorités sexuelles) sera également au cœur de ce premier axe.
Le second axe s’intéresse aux diverses constructions collectives de la vieillesse et du vieillissement. Les stéréotypes oscillent généralement entre deux visions contrastées : d’un côté, nous retrouvons une vieillesse « active », un vieillissement réussi, ce dernier visant la préservation de la jeunesse. Il s’agit du « troisième âge ». De l’autre côté, il s’agit d’une vieillesse malade, dépendante, fragile, emblématique du « quatrième âge » ou des personnes très âgées. Ce second axe se propose d’examiner les conceptions collectives de la vieillesse reflétant ces stéréotypes, mais aussi celles pouvant être des possibilités différentes de cette catégorisation binaire. Il tentera aussi de considérer les effets concrets de cette construction dichotomique, tant au niveau individuel qu’institutionnel et politique.
Titre du colloque :