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Laurent Sauvage : UQAM - Université du Québec à Montréal
Certains territoires utilisent la culture comme levier de développement, que ce soit par l’implantation d’équipements prestigieux ou l’organisation d’évènements à rayonnement international. À l’échelle d’un quartier, la culture peut engendrer des dynamiques sociales et économiques positives. Plusieurs visions du développement local par la culture coexistent. Ainsi, le déploiement de projets urbains à grande échelle destinés à véhiculer des images positives des villes les plaçant parmi celles qui comptent au niveau international mais créant des espaces façonnés pour une élite urbaine (Harvey, 1989) traduisent une logique néolibérale. D’autres expériences misent sur la culture pour créer les conditions d’émergence de clusters articulés autour d’entreprises créatives. Cependant, ces stratégies peuvent concourir à développer une vision à la fois élitiste et utilitaire de la culture et laisser de côté ses dimensions plus sociales (Moulaert et al. 2004, Klein et Tremblay, 2010).
La Revitalisation Urbaine Intégrée a pour but de réduire les différences entre 12 quartiers montréalais et les autres secteurs de la ville en termes économiques, physiques et sociaux à partir de diagnostics et de plans d’actions élaborés par les citoyens. L’analyse de la littérature grise émise par les organismes porteurs des opérations permettra de déterminer de quelle manière les acteurs locaux mobilisent (ou non) la culture, d’identifier des modèles d’action culturelle et d’en proposer une typologie.
La période contemporaine est marquée par des enjeux qui fragilisent l’articulation entre l’économie et la société, la cohésion sociale et l’intérêt général. Pour y répondre, une nouvelle grappe d’innovations sociales est attendue sur divers fronts : stratégies innovantes de développement local et régional en contexte de mondialisation; adoption d’objectifs de développement durable; lutte contre les inégalités et nouvelles solidarités internationales. On appelle à un nouvel entrepreneuriat (privé, public, social, collectif) et à de l’innovation sociale pour aider à résoudre à grande échelle ces enjeux de société et assurer l’avenir de la planète. En même temps, on assiste à un foisonnement d’initiatives qui insufflent des valeurs de démocratie et de solidarité dans les modèles de production, de consommation, de développement territorial, d’organisation du travail et de provision de services collectifs (par exemple, agriculture urbaine ou soutenue par la communauté, transport collectif, énergies renouvelables, espaces partagés de travail, transition énergétique, etc.). De telles initiatives émergent typiquement à l’échelle locale et peinent à — ou ne souhaitent pas — changer d’échelle ou s’institutionnaliser. À long terme, certaines innovations sont durables dans le temps (par exemple, propriété des moyens de production par les salariés à Mondragon ou propriété publique de la vodka Absolut en Suède). Mais on assiste aussi à des démutualisations, à une diminution de l’emploi salarié à temps plein, à l’abolition d’organismes de développement territorial et d’instances de concertation, etc. Ce qui montre le caractère réversible des innovations sociales. Enfin, plusieurs innovations ont pu mener à de réelles transformations sociales durables dans le temps (comme les mesures favorisant la conciliation famille-travail) ou à se régénérer avec l’évolution du contexte (par exemple, depuis 2005, on a créé davantage de sociétés d’État qu’on en a privatisées).
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