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Sociabilités et répertoires alimentaires des adolescents et des adolescentes : au-delà de la diversité, l’émergence de nouvelles formes de distinction et d’inégalité

JC

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Jean-Pierre Corbeau : Université de Tours

Résumé de la communication

Il s’agit, à partir d’enquêtes réalisées ces dix dernières années (Impact des messages nutritionnels selon les parcours de vie, AlimAdo, la perception des « burger-restaurants » par les 15 -25 ans), d’observations et de recherches actions menées depuis 6 ans (pratique du boire, comportements dans la restauration scolaire, observation des sociabilités autour des camions et points de vente de nourritures dans la rue) ,de cerner les comportements pluriels des adolescent(e)s , leur rapport aux aliments selon la nature de ceux-ci et les formes multiples de leur partage.

En reprenant notre notion de « triangle du manger », nous déclinerons ce que l’on mange selon le lieu, mais aussi selon sa cohorte et sa trajectoire sociale, selon son genre, selon la nature de l’espace fréquenté et sa densité urbaine.

Cette observation de « triangles du manger » permet l’appréhension d’attitudes plus cachées que partagent les mangeurs adolescents français : un désir d’intermittence porteur de liberté, qui prolonge le système éducatif ayant encouragé leur autonomie et qui s’inscrit aussi, dans les nouveaux réseaux de communication.

Derrière ces constats généraux, nous pointerons des phénomènes de distinctions (de genre, d’appartenance sociale, éthnique, etc.) qui se construisent depuis la consommation (ou non) de telle ou telle nourriture, depuis la connaissance et l’acceptation des discours qui gèrent son incorporation ou la dramatisation de ceux qu’elle produit.

Résumé du colloque

L’adolescence est une période où les jeunes renégocient leur rapport à l’alimentation (Baril et coll., 2014). Leurs besoins nutritifs évoluent, ils sont plus intéressés par ce qu’ils mangent et ils s’engagent dans des expériences gustatives hors foyer. Les choix alimentaires permettent alors l’affirmation d’une nouvelle autonomie (Mathiot, 2012). La famille demeure un espace de socialisation privilégié en matière d’alimentation (Belorgey, 2011) puisqu’elle est responsable de l’achat des aliments, de la préparation et de la prise des repas, et que les cultures alimentaires se transmettent de génération en génération (Diasio et Pardo, 2009). Au moyen de pratiques médiatiques plus autonomes, les adolescents sont exposés aux discours des acteurs de la sphère marchande, comme l’industrie agroalimentaire. Ces acteurs proposent des produits ciblant la clientèle adolescente et font la promotion de certains modèles alimentaires et corporels (Le Breton, 2013). On assiste également à la multiplication d’émissions présentant recettes et conseils alimentaires à la télévision et dans Internet (Cohen, 2015; Pollan, 2013), une offre à laquelle contribuent les jeunes (Abbar et coll., 2015). À ces discours s’ajoutent ceux de la santé publique et communautaire, dont les interventions ont notamment visé à améliorer l’offre alimentaire dans les environnements scolaires et à promouvoir la saine alimentation auprès des jeunes (Ogilvie et Eggleton, 2016). Comment les adolescents s’approprient-ils les multiples discours souvent contradictoires sur l’alimentation qui circulent dans les espaces public et privé? Comment développer des interventions qui puissent les soutenir dans la construction de choix alimentaires autonomes? Les pratiques alimentaires impliquent en effet l’apprentissage d’un ensemble d’habiletés (culinaires, socioculturelles, gastronomiques, commerciales, techniques, critiques et corporelles), renvoyant au fait social global (Poulain, 2002) et constitutives des littératies alimentaires (Lemieux, 2014).

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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