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Suchon et sa théorie cartésienne de la liberté

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Mathieu Baril : Université McGill

Résumé de la communication

Dans cette présentation, je soutiendrai l’hypothèse selon laquelle Gabrielle Suchon (1631-1703) élabore une théorie cartésienne de la liberté, et que la philosophe cache l’influence de Descartes grâce à différentes stratégies d’écriture ésotérique – des stratégies de dissimulation qui ont pour fin d’éviter la censure et la persécution.

Parmi ces stratégies, il faut d’abord mentionner l’appel à l’autorité et l’utilisation des témoignages. À la lecture de Suchon, on remarque assez tôt que son texte regorge de références diverses, notamment aux Pères de l’Église et aux anciens sages. Je soutiendrai qu’il s’agit là d’une stratégie d’écriture ésotérique ayant deux buts : d’abord, celui de détourner l’attention des lecteurs et lectrices afin de dissimuler l’influence de Descartes; ensuite, celui d’enrober sa théorie nouvelle dans une terminologie orthodoxe.

La deuxième stratégie d’écriture ésotérique dont je discuterai est celle de laisser des liens manquants dans l’argumentation. J’identifierai quatre liens manquants dans l’argumentation de Suchon et je soutiendrai que ces liens manquants correspondent à quatre thèses cartésiennes. La fin de ces omissions volontaires est évidente : puisque ces omissions correspondent à des thèses manifestement cartésiennes, elles visent également à masquer l’influence de Descartes.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 9 mai 2017

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