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Thomas Anderson : Université Laval
Les plus récentes études portant sur la tragédie dans la réflexion hégélienne en ont explicité la portée historico-politique en montrant qu’elle pouvait être interprétée comme une méditation sur le « destin » problématique du bios politikos depuis la Grèce antique jusqu’à la modernité. On a soutenu à cet effet que le questionnement de Hegel sur la tragédie « porte sur ce qu’était la politique, sur ce qu’elle est devenue et sur ce qu’elle est dans le monde moderne » (Thibodeau : 2011). Notre présentation cherchera à mesurer – en nouant un dialogue avec cette approche qui inscrit la question dans son horizon politique – jusqu’où une compréhension plus englobante de l’interrogation sur le tragique chez Hegel pourrait bénéficier de l’adoption d’un cadre interprétatif plus large : celui de la métaphysique. Il s’agira avant tout de définir ce que le philosophe considère comme le propre du conflit tragique en mettant au centre de notre analyse la notion de justice ainsi que l’opposition théologico-politique classique entre la loi humaine et la loi divine. Il en ressortira que la tension à la source de la tragédie déborde du simple contexte de la polis et qu’elle doit être ultimement rapportée à une contradiction métaphysique. Cette thèse implique que le problème du bios politikos ne puisse trouver – pour ce qui est de la cité grecque aussi bien que de la modernité – sa solution qu’à l’intérieur d’un nouveau paradigme métaphysique permettant de dépasser toute opposition tragique.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.