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Jenny Rinallo : Aix-Marseille Université
La crise financière et immobilière combinée avec l’austérité des politiques économiques et la segmentation du marché du travail ont rendu plus difficile l’accès à l’autonomie résidentielle des jeunes adultes français et italiens. Du point de vue des inégalités dans le processus de décohabitation la question du parc des logements et des conditions de «vie décente» est peu abordée.
D’un côté, l’augmentation des prix des loyers et l’irrégularité des revenues fragilisent l’accès au logement, de l’autre côté, le manque des logements abordables conjugué à une sous-estimation politique du «mal-logement» contribuent à renforcer la dépendance entre les générations et la multiplication des inégalités intragénérationnelles.
La comparaison entre la France et l’Italie se base sur la complémentarité des analyses cross-section (EUSILC 2011) et des entretiens. Des résultats montrent comment les facteurs conjecturaux et structuraux du contexte institutionnel et les caractéristiques sociodémographiques des jeunes adultes se rejoignent pour expliquer tant les inégalités internationales qu’intragénérationnelles dans l’autonomie résidentielle.
En Italie, les politiques du logement ciblent encore la famille et pas l’individu comme unité bénéficière ce qui induit une émancipation résidentielle précaires et tardive. En revanche, l’origine sociale joue un rôle discriminant dans la qualité de vie des jeunes locataires en France.
Un mouvement paradoxal touche nos sociétés actuelles : tandis que certaines des inégalités ont été réduites, d’autres émergent ou se renforcent dans les parcours de vie. Nos sociétés sont désormais confrontées à une accentuation rapide des inégalités sociales de revenus (Piketty, 2013). La crise, et les politiques d’austérité qu’elle a légitimées dans son sillage, sont venues accentuer certaines fragmentations et accélérer les trajectoires de différenciation sociale.
Or, particulièrement touchés par la crise et l’austérité, les jeunes sont au cœur de cette recomposition des inégalités. Si toutes les générations ont été touchées par la crise, on a assisté à une dynamique de concentration des difficultés potentielles parmi les jeunes adultes — particulièrement chez ceux entrant sur le marché du travail (taux de chômage accentué, augmentation accélérée du taux de pauvreté). Conjointement, un processus d’accentuation des inégalités intragénérationnelles se met en œuvre. Présent chez toutes les générations, ce processus est particulièrement sensible au moment de l’entrée dans la vie adulte.
Les contributions seront aussi bien théoriques qu’empiriques; elles pourront traiter de divers contextes nationaux et se structureront autour de trois dimensions :
1) identifier comment le contexte d’austérité affecte tant les conditions de vie des jeunes que les interventions publiques destinées à les soutenir;
2) analyser les politiques elles-mêmes et leurs effets (catégories instituées, angles morts et paradoxes) ainsi que les aspects des inégalités dans les parcours de vie des jeunes n’ayant pas encore fait l’objet d’interventions publiques;
3) confronter différents échelons politiques sur une dimension ciblée des inégalités; ou documenter un dispositif particulier en l’inscrivant dans ses liens à d’autres échelles territoriales de régulation.
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