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Claire Deschênes
Cette présentation s’appuie sur les travaux de l’Action Concertée « Les femmes dans les métiers et professions traditionnellement masculins : une réalité teintée de stéréotypes de genre nécessitant une analyse critique, systémique, comparative et multidisciplinaire » dans le secteur Sciences et génie, pour lequel l’AFFESTIM est l’organisme partenaire du projet de recherche.
S’appuyant sur une approche multidisciplinaire mixte (féministe et parcours de carrière), nous mettrons en lumière les facteurs liés à la trajectoire des femmes en S&G au Québec, aux rapports sociaux de sexe dans les entreprises où elles travaillent et sur les pratiques organisationnelles de ces entreprises. Nous présenterons plus particulièrement l’analyse des entrevues semi-dirigées ou groupes nominaux qui ont eu lieu avec des professionnelles de ce secteur, entre juin et décembre 2016. Les analyses montrent que les expériences concernant la progression et la rétention des femmes dans ce domaine varient grandement selon le secteur d’activité ainsi que la culture organisationnelle, et que la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle demeure un enjeu important pour certaines.
Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).
Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).
Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.
Titre du colloque :