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Nicolas Faynot
La littérature anthropologique a plusieurs fois mis à jour le fait que dans certaines sociétés, l’intervention d’un tiers soit d’usage afin de séduire, tempérer des situations conflictuelles auprès d’un couple. Le fait qu’un chercheur lors d’une recherche portant sur les trajectoires amoureuses et sexuelles des jeunes hommes sénégalais soit amené à occuper ces fonctions, parfois malgré lui, entraîne alors une somme de questionnement méthodologique.
Cette communication se propose dans un premier temps de mettre à jour les différentes positions qui nous ont été assignées où que nous avons choisi de revêtir, les différents degrés d’implication qui ont été les nôtres. Ainsi, elle abordera comment dans un contexte précis nous avons pu jouer le rôle de faire valoir, de médiateur ou d’entremetteur, à travers des exemples précis.
Ensuite, il s’agira de mettre à jour comment l’assignation de l’anthropologue et l’usage de sa présence par les enquêtés, lui ont permis de faire évoluer sa recherche. C’est-à-dire revenir sur les possibilités stratégiques dont un chercheur peut se munir afin d’intéroger des données concernant la sexualité des personnes avec lesquels il travaille.
La visée réflexive de cette communication se propose d’aborder la négociation entre l’éthique du chercheur (personnelle et professionnelle) et son implication sur son terrain de recherche. La question de son engagement sexuel est à poser puisque sa position sexué induit des attentes normatives qui sont synonymes de son acceptation par les groupes avec lesquels cette étude est menée. L’enjeu épistémologique soulevé revient à se demander si les limites que l’enquêteur a posées à son implication dans un souci éthique, suffisent à la garantir malgré son ingérence pas toujours volontaire.
Ce colloque vise à ouvrir un espace d’échange parmi les chercheurs en sciences sociales francophones travaillant sur les questions de sexualité. L’objectif est de discuter à la fois des conditions sociales de la production des savoirs et des manières de faire la recherche sur le sujet.
Les recherches sur les enjeux sexuels ont désormais acquis un statut légitime au sein des disciplines de sciences sociales. Si l’épidémie de VIH/sida a constitué un levier important pour le financement et le développement de ces travaux dans les années 1980 et 1990, les thématiques et les intérêts sont aujourd’hui très diversifiés : conjugalité, violences, santé-prévention, pornographie, rencontres en ligne, travail du sexe, etc. Cette diversification se traduit également par un morcellement du domaine, peu propice à des réflexions théoriques transversales.
Durant ce colloque, nous proposons d’effectuer un pas de côté relativement aux objets de recherche pour mieux saisir les logiques de la production des savoirs autour de la sexualité. Les différentes sessions aborderont donc ces dimensions épistémologiques et méthodologiques. Ancré dans les contextes francophones, le colloque permettra de s’interroger sur les circulations intellectuelles au sein de différents contextes nationaux. On s’intéressera également à la pratique de la recherche à travers les questionnements autour de la subjectivité du chercheur et des enjeux éthiques, mais aussi des innovations méthodologiques. Enfin, une attention particulière sera portée aux disciplines de la sexualité : anthropologie, criminologie, histoire, sciences politiques, sexologie, sociologie, travail social, etc. En d’autres termes, on abordera la manière dont les sciences sociales produisent du savoir sur le sujet, en particulier dans des environnements scientifiques ou des projets pluridisciplinaires.
Titre du colloque :