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Florent Michelot : Université de Moncton
La croissance de l’information a fait céder le schéma traditionnel de sa diffusion : en quelques décennies, nous sommes passés d’une société de l’imprimé à un état de déréglementation quasi total du « marché cognitif » (Bronner, 2009). Or, en plus de ce foisonnement, la « consommation » d’information se joue des intermédiaires d’autrefois qui intervenaient comme régulateurs (Špiranec, 2014).
Ainsi, la rumeur qui se propageait péniblement dispose aujourd’hui d’une potentielle caisse de résonnance dont les adeptes de la théorie du complot ont su tirer parti (Taguieff, 2005), à tel point que les pouvoirs publics s’en inquiètent. Par exemple, en 2016, le ministère français de l’Éducation a ainsi organisé une « Journée d’étude “Réagir face aux théories du complot” » (ministère de l’Éducation nationale, 2016). Confrontés à de l’information douteuse, les élèves, en tant que produser (Andretta, 2012), et l’enseignant ou le bibliothécaire, en tant que médiateurs récusés par la technologie, s’en trouvent bousculés.
En conséquence, cette présentation permettra d’exposer les enjeux qui découlent de la volonté d’outiller les apprenants en prenant acte des limites posées par la dimension normative des littératies informationnelles. En ce sens, la perspective de l’éducation aux médias et au développement de l’esprit critique seront abordés à l’aune de la culture informationnelle en tant « qu’ensemble plus largede connaissances dans les différents champs de l’information » (Serres, 2007).
Les systèmes scolaires sont marqués par des tensions témoignant d’une crise de l’éducation, qui fait écho aux crises sociétales. De plus, ceci s’accompagne de changements profonds des recherches universitaires qui délaissent une centration sur des problématiques disciplinaires au profit des objets complexes. Dans le domaine de l’éducation, les propositions de transformations se multiplient pour mettre en place un enseignement du 21e siècle intégrant des problématiques sociétales. Cette réflexion s’est largement développée avec les éducations à la citoyenneté, à la démocratie, au développement durable, à la santé, à l’environnement et aux sciences, à l’information et aux médias... Cependant, sur le plan de leur signification et de leur opérationnalisation, ces objets ne font pas l’unanimité, ni dans les différents systèmes éducatifs ni dans les écrits scientifiques (voir par exemple Beitone, 2014). Ils entraînent de nouveaux défis pour les enseignants et les formateurs à l’enseignement, et interpellent de manière nouvelle les recherches en éducation.
L’objectif de ce colloque est de présenter des travaux sur ces « éducations à » permettant d’interroger leurs dynamiques d’émergence, leur caractère de nouveauté, de continuité ou de rupture, ainsi que les changements qu’elles induisent dans les disciplines scolaires plus classiques. Plus précisément, le colloque chercher à voir comment les recherches en éducations prennent en considération ce nouveau contexte, et quels objets d’étude, quels cadres de référence et quelles méthodologies sont privilégiés par ces dernières.
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