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Martin Durand : Patrimoine canadien
Les communautés de langue officielle en situation minoritaire se développent et s’épanouissent dans des contextes démographiques, socio-économiques, culturels et géographiques qui varient énormément d’un endroit à l’autre au pays. Afin de mieux comprendre comment s’articule ces dynamiques régionales ainsi que les défis particuliers auxquels font face les communautés, l’équipe de recherche de la direction générale des langues officielles de Patrimoine canadien a développé une série de mesures géographiques avancées allant de la bande de distance à la distance standard en passant par l’analyse de proximité et le voisin le plus proche. Grâce à ces mesures, nous avons une meilleure compréhension du niveau de complexité géographique des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Ceci nous permet d’identifier plus facilement les populations démontrant un statut géospatial simple, populations qui présentent un potentiel plus grand pour la mobilisation ainsi que des défis moins importants quant à la livraison de services. À l’opposé, les populations ayant un statut géospatial complexe présentent un potentiel plus élevé quant aux défis liés à la mobilisation et à la prestation de service auxquels s’ajoutent des problématiques de cohésions communautaire et identitaire.
Nous souhaitons dresser un bilan, tout en interpellant les chercheurs communautaires, gouvernementaux et universitaires au sujet des perspectives d’avenir du champ sur les francophonies d’Amérique. Nous souhaitons particulièrement explorer les apports potentiels d’une plus grande interdisciplinarité et d’un plus grand recours à la comparaison interrégionale.
Après l’abandon progressif de la logique canadienne-française dans les années 1970, la recherche sur les francophones hors Québec a suscité l’émergence de thématiques originales liées au fait minoritaire, à la gouvernance, à l’espace ou à l’identité, par exemple. Depuis le début des années 1990, les études portant sur les francophones en situation minoritaire s’avèrent, en outre, de plus en plus nombreuses. À ce titre, si les réseaux de chercheurs et d’organismes communautaires bâtissent davantage de ponts entre les régions, les distinctions et la distance entre les communautés francophones du continent ont réduit les occasions pour les chercheurs universitaires et communautaires de bâtir des savoirs réellement partagés au sein d’un champ de recherche. Il en résulte davantage d’études de cas, associées notamment à des régions spécifiques, qui gagneraient à être intégrées à des perspectives comparatives engageant diverses disciplines.
Un autre cloisonnement des savoirs pourrait également être évoqué, soit celui des connaissances universitaires (disciplinaires), gouvernementales et communautaires. Il y aurait lieu de s’interroger sur les potentialités stratégiques et synthétiques de ces collaborations, qui demeurent le plus souvent ponctuelles.
Plus particulièrement, nous invitons des propositions sur les thèmes suivants :
— La mise en dialogue et en comparaison des différents espaces francophones;
— Des francophonies d’Amérique à la rencontre d’autres réalités minoritaires;
— La mise en dialogue et en comparaison des différents savoirs sur les francophonies d’Amérique.
Titre du colloque :