pen icon Colloque
quote

Du travail social à la cité, et retour, en passant par Foucault : réflexions sur la subjectivité politique du travailleur social

TG

Membre a labase

Thierry Gutknecht : Réseau fribourgeois de santé mentale

Résumé de la communication

Nous partirons dans cette présentation de différents aspects et tensions auxquels les travailleurs sociaux peuvent être confrontés dans le cadre de leur pratique au sein du dispositif de l’action sociale. Nous chercherons à travers ces différents éléments à relever l’importance pour ce champ d’une interrogation sur le devenir de la cité et de prendre au sérieux la question de la constitution du professionnel comme sujet non seulement éthique mais aussi politique. Nous essayerons alors d’identifier la manière dont le travailleur social s’inscrit dans un processus de subjectivation politique spécifique à partir situations-limites et d’expériences vécues.

L’analyse proposée s’appuiera sur différents concepts issus de la pensée du philosophe français Michel Foucault – pouvoir, savoir, normes, contrôle, dispositif, subjectivité, gouvernementalité, etc. Elle prendra pour point de référence la relation entre le praticien et l’usager – dans le cadre d’un service d’aide sociale, mais pas uniquement – tout en visant à problématiser certains aspects du travail social d’un point de vue global. Fidèle à l’approche de ce philosophe, nous chercherons en effet à montrer l’importance de tenir ensemble deux niveaux d’analyse – local, global -, qui nous semble être le principal enjeu politique de la pratique du travailleur social.

Résumé du colloque

La philosophie politique et les sciences sociales « continentales », ainsi que les idées politiques qui s’en inspirent (comme les féminismes de la 3e vague, les études postcoloniales ou subalternes), font un large usage du concept de « sujet » et de ses dérivés : subjectivité, subjectivation. Il s’agit de placer au centre de la réflexion un concept du sujet compris comme une interruption, un écart, un déplacement d’un dispositif de pouvoir, qui renvoie à une pratique de la résistance, voire à une expérience de la liberté. Jouer la subjectivité/subjectivation contre le « sujet » traditionnel, c’est ainsi demander de quelles possibles institutions elle est porteuse : comment la résistance s’institue-t-elle en un sujet politique, comment penser la consistance temporelle spécifique d’un processus donné de subjectivation, et son institution? Quel est aujourd’hui l’atout théorique de l’usage de la « subjectivité politique » dans la pensée du pouvoir et des normes, et en quoi se distingue-t-elle d’autres propositions contemporaines, comme celles qui privilégient les concepts d’agency ou de self, davantage présentes dans le monde anglo-saxon? Inversement, que laisse-t-elle dans l’ombre, quels en sont les limites et les effets pervers possibles? Ce concept a par ailleurs migré dans d’autres champs du savoir, comme la sociologie, le travail social, la santé ou l’éthique du care. Enfin, il présente l’idée d’un sujet incarné (corps, affects, genres) et ancré dans des pratiques, allant du local au global : on peut donc se demander quelle est sa fécondité en regard des orientations pratiques, voire des politiques publiques qu’il est susceptible d’appuyer ou de critiquer, et aussi quels types d’identité et de vécus politiques il permet d’éclairer ou de produire.

Ce colloque entend explorer ces questions dans le triple domaine de la constitution du sujet, des dispositifs de pouvoir et des potentiels d’émancipation. Son objectif principal consiste à identifier l’origine et à circonscrire les avenues actuelles et la fécondité potentielle du concept de subjectivité politique, et cela, dans différents champs théoriques et pratiques. Il s’agira d’examiner et de discuter les problèmes éthiques, épistémiques, méthodologiques et politiques soulevés par ses usages dans la perspective : 1) de comprendre les tensions et les conflits des transformations sociales en cours à travers la pluralité des formes de subjectivité politique qui s’y manifestent; 2) d’identifier les nouvelles potentialités démocratiques et d’émancipation qui y sont en émergence, et les défis que cela pose pour l’action collective; et 3) de mener une réflexion interdisciplinaire et transdisciplinaire (articulations entre recherche, formation et intervention sur le terrain) renouvelée sur les rapports entre subjectivité et politique dans ce contexte.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :