pen icon Colloque
quote

Effets toxiques des herbicides à base de glyphosate sous les seuils réglementaires

RM

Membre a labase

Robin Mesnage : King's College London

Résumé de la communication

Les herbicides à base de glyphosate sont les pesticides les plus utilisés à travers le monde, leur utilisation s’intensifiant avec les cultures d’OGM conçues pour les tolérer. Nous avons réalisé la seule étude de toxicité évaluant les effets à long-terme du Roundup. Nos résultats montrent des impacts sur les foies et les reins de rats, ainsi que le développement de tumeurs, à partir de faibles doses environnementales, sous les seuils réglementaires. Ces effets s’expliquent par la toxicité de co-formulants qui sont considérés comme inertes dans les formulations de pesticides. Les co-formulants éthoxylés, 10.000 fois plus toxiques que le glyphosate sur les cellules humaines, sont de bons candidats pour expliquer les effets toxiques du Roundup. D’une manière générale, les co-formulants des pesticides sont impliqués dans des épidémies de perturbations endocrines aussi bien chez les animaux sauvages que dans les populations humaines. Ces lacunes entraînent une sous-estimation de la dose journalière admissible du glyphosate. Nous recommandons la réalisation de nouvelles études toxicologiques, et l’abaissement de la dose journalière admissible, afin de tenir compte des incertitudes présentes dans l’évaluation du risque des effets du glyphosate. Les normes réglementaires pourraient être améliorées par l'ajout de facteurs d'incertitudes visant à prendre en compte les effets cocktails des mélanges de pesticides auxquels les populations sont exposées par l'eau ou l'alimentation.

Résumé du colloque

Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :