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Danièle Champoux : IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail
L’utilisation des pesticides croît dans l’agriculture québécoise mais une ambiguïté persiste quant aux effets sur la santé. Deux projets multidisciplinaires apportent des perspectives complémentaires sur l’utilisation des pesticides et les pratiques de prévention des producteurs de pommes.
La production fruitière intégrée préconisée par la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture recoupe les objectifs de prévention à la source par l’élimination et la réduction de l’utilisation des pesticides. Les producteurs traitent différemment mais les contraintes environnementales et financières et le manque d’information sur le risque pesticides font que l’efficacité des traitements demeure un critère de choix des pesticides plus important que la protection de l’environnement et de leur santé.
L’analyse de l’activité des producteurs révèle peu d’incidents mais des situations de micro-exposition cutanée nombreuses et répétées. L’utilisation des équipements de protection individuelle, incontournable en contexte agricole, n’est pas systématique. Les difficultés décrites pour le choix des vêtements de protection (VP) sont fondées : la désignation claire et la normalisation des VP requis selon les expositions, les tests en situation réelle, le confort et la disponibilité des VP posent problème. Des pratiques de prévention basées sur les savoir-faire de métier sont cependant utilisées.
Les résultats démontrent que les producteurs sont aux prises avec objectifs difficiles à concilier.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
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