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Matthias Pepin : Université Laval
Au cours de la dernière réforme, les domaines généraux de formation (DGF) ont été introduits au Programme de formation de l’école québécoise (MEQ, 2001). Ces DGF, proches des « éducations à » (Audigier, 2005), se déclinent en cinq problématiques, parmi lesquelles se retrouve l’entrepreneuriat. Ce dernier s’y conçoit à travers la conduite de projets d’action et y est considéré comme un outil d’apprentissage, plutôt qu’un objet d’apprentissage en soi (Pepin, 2011). À l’appui de nos résultats de recherche doctorale, au cours de laquelle nous avons documenté ce que signifie apprendre à s’entreprendre en milieu scolaire à travers l’étude d’un magasin scolaire à l’école primaire (Pepin, 2015), nous dégagerons, dans la lignée de Fabre (2014), les conditions qui permettraient de parler d’une « éducation à l’entrepreneuriat » (Champy-Remoussenard, 2012) : 1) un support expérientiel à l’apprentissage et à la réflexivité; le magasin scolaire ayant été conceptualisé comme une « occupation » (Dewey, 1916) soit une activité sociale introduite dans le cadre de la classe à des fins d’apprentissage; 2) un déploiement « problématique » de l’expérience; le magasin s’étant déployé selon une succession d’enquêtes (Dewey, 1938) conduites par le groupe pour dépasser les problèmes qui survenaient, appelant une réflexivité pratique voire critique; 3) un rapport pragmatique aux savoirs disciplinaires; ces derniers ayant été mobilisés de manière contributoire à la bonne marche du projet d’action.
Les systèmes scolaires sont marqués par des tensions témoignant d’une crise de l’éducation, qui fait écho aux crises sociétales. De plus, ceci s’accompagne de changements profonds des recherches universitaires qui délaissent une centration sur des problématiques disciplinaires au profit des objets complexes. Dans le domaine de l’éducation, les propositions de transformations se multiplient pour mettre en place un enseignement du 21e siècle intégrant des problématiques sociétales. Cette réflexion s’est largement développée avec les éducations à la citoyenneté, à la démocratie, au développement durable, à la santé, à l’environnement et aux sciences, à l’information et aux médias... Cependant, sur le plan de leur signification et de leur opérationnalisation, ces objets ne font pas l’unanimité, ni dans les différents systèmes éducatifs ni dans les écrits scientifiques (voir par exemple Beitone, 2014). Ils entraînent de nouveaux défis pour les enseignants et les formateurs à l’enseignement, et interpellent de manière nouvelle les recherches en éducation.
L’objectif de ce colloque est de présenter des travaux sur ces « éducations à » permettant d’interroger leurs dynamiques d’émergence, leur caractère de nouveauté, de continuité ou de rupture, ainsi que les changements qu’elles induisent dans les disciplines scolaires plus classiques. Plus précisément, le colloque chercher à voir comment les recherches en éducations prennent en considération ce nouveau contexte, et quels objets d’étude, quels cadres de référence et quelles méthodologies sont privilégiés par ces dernières.
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