Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Audrey Laurin-Lamothe
Cette communication explore le phénomène de la financiarisation des économies contemporaines et cherche à montrer comment ce régime d’accumulation contribue à l’accroissement des inégalités économiques. Il s’agira dans un premier temps de montrer de quelle manière les ménages de la classe moyenne sont insérés dans la sphère financière et, de façon antagoniste, comment les hauts revenus, et plus spécifiquement les élites économiques, entretiennent un rapport particulier à la sphère financière qui leur permet d’accroître leur richesse, et ce, en dépit de la stagnation économique et de la crise financière de 2008. En deuxième lieu, il sera question des politiques économiques austères, promues par les gouvernements des pays occidentaux, en tant qu’elles sont la continuité renouvelée de la régulation néolibérale de l’économie, mais également l’illustration de la force de persuasion des acteurs financiers en général et des agences de notation en particulier. Dans un troisième temps, quelques arguments avancés par Piketty et Atkinson pour expliquer l’augmentation des inégalités seront exposés de manière à mettre en lumière le lien étroit entre leur thèse et une critique politique et économique de la financiarisation.
Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.
Titre du colloque :
Thème du colloque :