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Emmanuel Ravalet : EPFL - École Polytechnique fédérale de Lausanne
L’approche par le genre offre des perspectives de recherche importantes notamment dans les domaines de la mobilité et de l’accessibilité. Les études portant sur les adolescents demeurent peu répandues. Pourtant d’importantes différences liées au genre apparaissent chez cette population. L’objectif de cette communication est de mettre en perspective ces différences dans les déplacements quotidiens des adolescents. L’analyse s’appuie sur une enquête quantitative menée auprès de 8 200 jeunes âgés de 14 à 17 ans en France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne. L’enquête est complétée par des entretiens semi-directifs avec 10 jeunes filles et leurs parents résidents à Grenoble en France. Les résultats montrent l’importance des questions de sécurité en particulier pour les jeunes filles, qui privilégient ainsi les itinéraires et les modes de transport les plus sûrs pour éviter les agressions potentielles. Le contrôle parental est également plus serré pour les filles qu’il ne l’est pour les garçons du même âge. Les adolescentes sont alors plus limitées dans leur autonomie et leurs espaces de liberté sont cantonnés à certains horaires et lieux d’activités. Dans ce cadre, la voiture et le smartphone se révèlent être des outils de sécurisation des mobilités en garantissant le contact avec les parents et une protection pendant les temps de déplacement. Nous discuterons des conséquences de ces éléments en termes d’équité spatiale et d’exclusion sociale éventuelles.
Les enjeux d’accessibilité dans la ville ont souvent été abordés d’un point de vue géographique. L’accent est alors mis sur les effets de friction de la distance géographique dans un lieu donné (souvent un quartier) et leur influence sur la facilité avec laquelle les individus peuvent accéder aux ressources qu’offre la ville (emplois, services, équipements, etc.). Avoir accès à un panier de services à une distance acceptable contribue à la qualité de vie des individus. La distribution spatiale des destinations et les modes de transport qu’il est possible d’utiliser détermineront en grande partie l’accessibilité des territoires. Améliorer l’accessibilité passera souvent par une augmentation des destinations accessibles à une distance donnée, ou par l’amélioration des conditions de transport. Par ailleurs, la dépendance à l’automobile incite les villes à investir davantage dans la mise en place d’infrastructures de transport liées à ce mode de transport, et à favoriser un report modal. Dans ce contexte, les besoins d’accessibilité des individus qui ne disposent pas d’automobile sont-ils relégués à un deuxième plan créant une iniquité dans les possibilités d’accès? D’autres éléments nuisent aussi à l’accessibilité au sein de la ville. On peut penser aux infrastructures de transport qui facilitent l’accessibilité à une échelle régionale et qui en même temps la diminuent à une échelle de proximité. Dans d’autres occasions, il pourra s’agir de limites administratives qui nuisent à la mise en place d’une offre globale et intégrée de transport collectif, diminuant ainsi l’accessibilité sur le plan des coûts. Aussi, les caractéristiques de l’environnement bâti peuvent nuire à l’accessibilité, notamment lorsqu’il est question de déplacements actifs ou de déplacement chez les personnes à mobilité réduite. Quelles sont les situations les plus fréquemment observées dans les territoires périphériques et de banlieue? Voilà quelques-uns des enjeux abordés dans ce colloque.
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