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Alessandro Drago : Université McGill
L’éducation au Québec est relativement accessible, avec les deuxièmes plus bas frais de scolarité au Canada. Malgré cela, quand le gouvernement provincial libéral à décidé en 2011 d’augmenter les frais de scolarité de 75%, c'est à dire de $2,168 a $3,793 (une augmentation qui aurait rendu les frais de scolarité au Québec plus comparables aux frais des autres provinces canadiennes, qui sont déjà les plus bas dans tout l’Amérique du Nord), cette augmentation a créé un mouvement étudiant de masse en 2012 avec plus de 300 000 étudiant-e-s en grève. Ce n’était pas la première ni la dernière mobilisation étudiante au Québec, avec la dernière en 2015. Depuis 1968, il y a eu un total de 11 grèves étudiantes générales au Québec. Inversement, les étudiant-e-s en Ontario paient les frais de scolarités les plus chers au Canada et les frais des scolarités ont augmenté 5% par année depuis 2006. Mais, il n’y a pas eu une grande ni une petite mobilisation des étudiant-e-s dans la plus grande province du Canada. Cette présentation traitera des raisons pour lesquelles les étudiant-e-s au Québec sont plus militant-e-s et manifestent plus souvent que les étudiant-e-s dans d'autres provinces canadiennes. En particulier, cet article comparera les étudiant-e-s au Québec avec les étudiant-e-s en Ontario et leurs niveaux respectifs de mobilisation. Cette présentation tentera de faire valoir que les différences dans les activités de protestation peuvent être attribuées à des différences structurelles dans la façon dont l'enseignement supérieur est organisé et plus généralement aux différences idéologiques entre les provinces. Cette intervention se propose aussi d’aborder des questions plus générales reliées aux mouvements sociaux, telles que pourquoi les gens se mobilisent dans certains cas et pas dans d'autres.
Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.
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